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Coupe du monde 2026 : Les USA animent enfin Los Angeles avec des buts.

Des supporters du Team USA ont été retrouvés aux abords du SoFi Stadium d’Inglewood, vendredi, lors du match d’ouverture de la sélection contre le Paraguay. Les États-Unis ont remporté le match 4 à 1, avec un doublé de Folarin Balogun.

De notre envoyé spécial à Los Angeles,

Ces supporters tant recherchés existent bel et bien. Après nos péripéties à Los Angeles à la découverte des fans de soccer et de l’équipe dirigée par Mauricio Pochettino, nous les avons rencontrés à proximité du SoFi Stadium d’Inglewood, vendredi, où l’équipe affrontait le Paraguay pour son match d’ouverture. Cela semble évident, mais nous voulions le constater par nous-mêmes avant de le rapporter.

À l’image de zombies attirés par un ballon rond qui peine encore à trouver sa place dans le cœur des Américains, de nombreux supporters du Team USA se sont dirigés en masse dès les premières lueurs du jour vers la banlieue sud de Los Angeles. Et pour le coup, nous n’avons pas été déçus. Les inquiétudes étaient fortes lorsque, aux alentours de 14 heures, en parcourant les rues bloquées à la circulation – une anomalie dans cette ville où les voitures sont reines – et où un petit festival de la Coupe du monde prenait forme, l’ambiance ne semblait pas très dynamique.

Une ambiance festive comme on ne l’espérait plus

Sur scène, devant un public clairsemé, un animateur essayait de mettre de l’ambiance avec un « Bienvenue dans la folie de la Coupe du monde ! », ne récoltant que quelques « youhou » peu convaincus. Cependant, en approchant de ce stade américain, immense, moderne et connecté, nous avons enfin pénétré dans un univers qui apprécie le football. Arborant des maillots rouges et blancs des USA, des drapeaux « stars and stripes » sur les épaules, un chapeau de l’oncle Sam sur la tête et/ou des bottes de cow-boy, la majorité des supporters avaient fait des efforts pour soutenir Folarin Balogun et ses coéquipiers.

L’ambiance est conviviale, les policiers sourient et acceptent de poser pour des photos avec les passants qui les acclament. Ces scènes étonnent pour ceux qui viennent d’un pays où les forces de l’ordre et la population n’ont que rarement envie de célébrer ensemble, surtout à proximité d’un stade de football. À l’intérieur du stade, presque toutes les places étaient occupées. Peu importe si cela signifiait débourser une petite fortune, comme ce couple provenant de Portland avec leurs trois enfants, qui a dépensé pas moins de 10 000 dollars pour assister à ce premier match de leur équipe en Californie.

« Ça fait un peu mal au c… (« It’s a pain in the ass », en VO) mais on s’en souviendra toute notre vie », se persuade Michael, le père. Ils se souviendront effectivement de cette introduction de leurs poulains, vainqueurs 4 à 1 face à une équipe paraguayenne au niveau de jeu inquiétant. Dans le stade, chaque but était célébré avec une ferveur notable, même si nous étions assis dans une tribune de presse isolée du reste du monde, derrière des vitres insonorisées, donnant l’impression de ne pas participer complètement à la fête. Mais ce n’est pas le sujet.

Pendant plus de 90 minutes, les supporters des États-Unis ont hurlé, chanté (« USA ! USA ! ») et exulté à chaque but de Balogun, dont un doublé, dont un magnifique tir enroulé du gauche dans la lucarne, suivi d’un tir exceptionnel de Reyna en fin de match (97e). Néanmoins, pour un Européen habitué aux ambiances… européennes, les Américains ne vivent pas le match de la même manière.

Un football européen à la sauce américaine

Ici, on ne craint pas de traîner longtemps dans les couloirs à savourer des burgers ou des « slices » de pizza, le tout accompagné de coca ou de bière à 17 dollars (merci, Infantino !) et le match n’est finalement qu’un élément d’un spectacle plus large. Les « pauses fraîcheur » (alors qu’il faisait 22 degrés dehors) sont des occasions pour faire le plein de boissons avant de revenir pour suivre les deuxièmes et quatrièmes quart-temps, tandis que des publicités pour Powerade ou Doritos envahissent l’immense écran géant du SoFi Stadium. Un autre univers, comme on dit. Un paradis, pour Gianni.

Cependant, dans un pays où le basket, le baseball et le football américain sont dominants, ces pauses qui paraissent incongrues pour nous, Européens, font partie intégrante de leur culture depuis toujours. Ce n’est pas une critique, mais un constat. Pour notre part, nous prions les dieux (de l’UEFA) pour que cette Coupe du monde (de la FIFA) ne leur inspire pas de mauvaises idées dans les années à venir.

En attendant de voir si cette dynamique se poursuivra au-delà du temps et des frontières du football international, il est essentiel de reconnaître que cette première expérience aux États-Unis a été un succès sur tous les plans. Espérons que cette ambiance conviviale se propage aux autres villes hôtes et ne reste pas cantonnée aux abords de ces stades semblables à des centres commerciaux.