Belgique

Amina meurt 24h après son renvoi des urgences.

Amina, 30 ans, est décédée brutalement 24 heures après s’être rendue aux urgences de l’hôpital Ambroise Paré à Mons, où elle avait des douleurs thoraciques et se sentait très faible. Le Parquet de Mons a ordonné une autopsie et a confirmé que le dossier a été classé sans suite à la mi-septembre 2025.


Amina, 30 ans, passionnée de danse et d’escalade, était pleine de vie et très appréciée à Mons. Avec ses deux sœurs, elle formait ce que le quartier surnommait « les trois frères ». Malheureusement, Amina a perdu la vie brutalement au cours d’un week-end de décembre. « Ma sœur a perdu la vie 24 heures après s’être rendue aux urgences de l’hôpital Ambroise Paré à Mons », confie Safia, visiblement très affectée.

Tout a débuté le 6 décembre 2024, durant la Saint-Nicolas. Amina se rend aux urgences, souffrant de grande faiblesse et de douleurs thoraciques. Accompagnée par une amie, elle est restée à l’hôpital entre 19h et 4h du matin. Safia rapporte que sa sœur a consulté deux médecins et a subi une radio des poumons, mais a finalement quitté l’établissement avec une prescription pour une prise de sang à réaliser le lundi suivant.

Cependant, Amina décède seulement 24 heures après son retour chez elle. Safia précise : « Ma sœur est partie de l’hôpital limite en rampant. »

Le matin suivant, c’est son amie qui découvre le corps sans vie d’Amina. La police est immédiatement alertée et le Parquet de Mons ordonne une autopsie. Pendant plusieurs mois, Safia et sa famille vivent dans l’angoisse de l’inconnu, n’ayant obtenu les résultats de l’autopsie qu’un an et demi après le décès d’Amina.

« Amina n’est pas morte de faim, ils ne l’ont pas écoutée », martèle Safia qui peine encore à comprendre ce qui s’est produit aux urgences cette nuit-là. Elle regrette l’absence de médiation après la mort de sa sœur et se demande pourquoi Amina est repartie avec une simple prescription : « Qu’est-ce qui justifie qu’on ne l’a pas entendue, qu’on n’a pas écouté ses symptômes ? » Elle souligne son respect pour les médecins, mais avoue avoir besoin de réponses. Le groupe hospitalier HELORA, contacté, a refusé de faire tout commentaire.

Safia se reproche d’avoir tenté de rassurer sa mère, inquiète pour Amina ce jour-là. Elle se rappelle avoir cru que « l’hôpital avait de bonnes raisons de renvoyer Amina chez elle, ils n’ont pas considéré cela comme une urgence ».

Lorsque, le dimanche matin, un ami de la famille se présente chez elle, Safia comprend immédiatement la triste nouvelle : « Je lui ai dit ‘ne parle pas, ne le dis pas’ et là je suis partie dans tous mes états, j’ai vomi directement. » Elle s’est ensuite rendue chez sa mère : « Je lui ai demandé pardon, je lui ai dit que j’aurais dû aller voir Amina, aller lui donner à manger. Et ma mère m’a répondu : ‘Elle n’est pas morte de faim, ta sœur. (…) Ils ne l’ont pas soignée, ils ne l’ont pas écoutée.’ »

Safia, en repensant aux jours qui ont suivi la mort de sa sœur, essuie ses larmes et ajoute : « Après un an de silence, si j’ai décidé de parler, c’est pour interroger nos failles institutionnelles, hospitalières, policières et judiciaires. » Elle ne comprend pas pourquoi sa famille a été laissée dans l’incertitude si longtemps. Leur nouvel avocat, Guillaume Lys, s’étonne également de la situation et indique que le dossier a été classé sans suite, une information confirmée par le Parquet de Mons : « Le dossier a été classé sans suite à la mi-septembre 2025. »

En plus du manque de communication tant de la justice que de l’hôpital, Safia critique la police qui, le dimanche matin, a emporté les effets personnels d’Amina : clés, téléphone, etc. « Actuellement, on n’a toujours pas récupéré les effets personnels de ma petite sœur, on aimerait juste récupérer son téléphone », déclare-t-elle. À l’époque, on lui a conseillé de se rapprocher du Comité P (la « police des polices »).

Le Comité P, contacté, renvoie vers le Parquet de Mons : « Les faits que vous mentionnez concernent une enquête judiciaire qui n’entre pas dans les compétences du Comité P. »

L’avocat de la famille regrette lui aussi le manque de communication de tous les acteurs impliqués et envisage de porter plainte avec constitution de partie civile.