Au fait du jour : Qu’ils s’en aillent !
La commission relevant de l’ARP a entendu Ali Abbes, expert en droit du sport, qui a présenté des observations juridiques concernant plusieurs articles de la proposition de loi. Il a estimé que la limitation des mandats constitue le cœur de la réforme sportive, soulignant la nécessité de fixer un plafond maximal pour la présidence des structures sportives.
La commission de l’ARP, chargée d’examiner une proposition de loi sur les structures sportives, a reçu Ali Abbes, expert en droit du sport. Celui-ci a formulé plusieurs observations juridiques relatives à différents articles du projet. Il a mis l’accent sur l’importance d’un article stipulant une limitation des mandats, considérant cela comme le point central de la réforme sportive. Abbes a souligné la nécessité d’établir un plafonnement pour la présidence des structures sportives, en accord avec les normes internationales en matière de droit du sport. Il a également insisté sur le fait qu’il ne fallait pas prévoir d’exceptions permettant de prolonger l’appartenance à une structure sportive jusqu’à vingt ans, une situation qu’il a qualifiée d’inacceptable. Selon lui, si le sport national venait à perdre une année supplémentaire, la raison principale résiderait dans la question des mandats, car ceux qui occupent des postes de responsabilité souhaitent y rester indéfiniment, sauf en cas de catastrophe avérée.
Les conséquences de cette situation se résument, selon lui, à deux risques principaux. Le premier est celui de l’usure du pouvoir. En instaurant une méthode de gouvernance, il existe un risque que les dirigeants deviennent des « roitelets » inopérants, consolidant ainsi un système qui dégradera la situation et fera perdre la confiance nécessaire à des bases solides. Le second risque concerne la mise en place d’un barrage empêchant les nouvelles générations d’affirmer leurs droits et de contribuer à l’émancipation d’un sport qui mérite un meilleur avenir. Le système actuel bénéficie à ceux qui sont en poste depuis des décennies et qui croient que rien ne peut se réaliser sans leur présence. Ali Abbes parle en connaissance de cause, ayant traité de nombreux litiges et comprenant bien les enjeux fondamentaux de ce problème.
Quelle serait alors la solution ? Il préconise de s’inspirer des meilleures pratiques mondiales pour éviter de perdre davantage de temps. La confusion actuelle entre le sport amateur et l’organisation professionnelle de certaines disciplines entraîne une perte de temps précieuse, au risque de voir le sport tunisien se retrouver à la traîne, alors qu’il a été, par le passé, à la pointe des initiatives régionales et continentales. Pour ceux qui souhaitent rester en place, il évoque l’exemple de Manchester City, qui a récemment organisé une cérémonie d’adieu pour son entraîneur, Pep Guardiola, après son dernier match, mettant ainsi un terme à un mandat de dix ans durant lequel le club a remporté 20 titres nationaux et continentaux.
Le club a même renommé sa tribune nord de l’Etihad Stadium en l’honneur de son entraîneur emblématique. Une approche similaire pourrait consister à afficher les portraits des dirigeants récalcitrants dans toutes les salles de la fédération et des autres organismes auxquels ils appartiennent. Toutefois, l’impératif serait qu’ils s’en aillent pour soulager les adhérents, le public, les observateurs et d’autres parties prenantes, tout en laissant la place aux jeunes générations pour reprendre leurs responsabilités et libérer le sport national d’un système étouffant.

