
Un rapport allemand décrit l’exportation d’énergie verte du Maroc vers l’Europe.
Le ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie a publié le mercredi 8 juillet 2026 son rapport annuel 2025 sur les partenariats énergétiques bilatéraux, qui détaille les travaux engagés pour préparer de futures exportations marocaines d’hydrogène et d’électricité renouvelable vers l’Europe. Selon la feuille de route SET, cinq conditions restent à remplir pour rendre le commerce d’électricité renouvelable entre le Maroc et l’Europe effectif.
Publié le 8 juillet, le document met en avant deux projets : un corridor d’hydrogène reliant les Pays-Bas et l’Allemagne, et une feuille de route regroupant cinq pays pour l’électricité renouvelable. Les garanties d’origine, les interconnexions et les cadres réglementaires doivent cependant être établis avant les premiers échanges.
Le ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie a diffusé le mercredi 8 juillet 2026 son rapport annuel 2025 sur les partenariats énergétiques bilatéraux, qui décrit les efforts menés pour préparer les exportations d’hydrogène et d’électricité renouvelable du Maroc vers l’Europe.
Ce rapport de 91 pages consacre trois pages au Maroc et identifie deux projets prioritaires : l’émergence de corridors reliant la production marocaine d’hydrogène aux consommateurs européens et la création des règles nécessaires pour le commerce d’électricité verte à l’échelle transfrontalière.
Le Partenariat énergétique maroco-allemand (PAREMA), instauré en juillet 2012, a « renforcé la visibilité de la politique énergétique allemande » au Maroc, selon le rapport, en se positionnant dans le futur secteur des vecteurs énergétiques verts.
Cette coopération vise à garantir la sécurité énergétique, à décarboner l’économie marocaine et à permettre aux entreprises allemandes d’accéder aux futurs marchés de l’hydrogène et des énergies renouvelables.
En ce qui concerne l’hydrogène, le rapport évoque une rencontre trilatérale qui a eu lieu le 22 mai 2025 à Rotterdam, en marge du World Hydrogen Summit, axée sur un corridor Maroc-Pays-Bas-Allemagne.
Les délégués des trois pays ont examiné l’intégralité de la chaîne transfrontalière, depuis la production et le transport de l’hydrogène au Maroc jusqu’à son utilisation par l’industrie dans l’ouest de l’Allemagne. Les discussions ont porté sur les infrastructures existantes et à venir, le cadre réglementaire, les besoins d’investissement et la coordination entre les États.
Une étude de préfaisabilité réalisée pour la Banque mondiale a analysé la faisabilité de faire du Maroc un hub de production et d’exportation d’hydrogène vert, en envisageant notamment le rôle des ports marocains.
Des représentants de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen), de l’Agence nationale des ports, de H2Global ainsi que des ports de Rotterdam et de Duisbourg ont été impliqués dans ces discussions concernant les infrastructures nécessaires et l’intégration de l’hydrogène marocain sur les marchés européens.
La ministre néerlandaise du Climat, Sophie Hermans, et l’envoyé spécial allemand pour les projets d’hydrogène, Jürgen Friedrich, ont réaffirmé leur soutien politique à cette coopération trilatérale à l’issue de la rencontre.
« Le Maroc dispose d’un potentiel exceptionnel dans les énergies renouvelables et pour leurs utilisateurs industriels », a déclaré le secrétaire d’État parlementaire allemand Stefan Rouenhoff, durant son intervention au World Power-to-X Summit, le 1er octobre 2025 à Marrakech.
Le PAREMA a également organisé une rencontre entre des entreprises allemandes et des responsables marocains afin de faciliter les contacts directs et de renforcer la participation du secteur privé allemand aux projets liés à l’hydrogène et aux énergies renouvelables au Maroc.
Le second aspect mis en avant dans le rapport concerne la Sustainable Electricity Trade Roadmap, ou feuille de route SET, initiée par le Maroc, l’Espagne, le Portugal, la France et l’Allemagne.
Cette initiative vise à faciliter les échanges transfrontaliers d’électricité renouvelable, à promouvoir l’intégration des énergies vertes sur les marchés des cinq pays et à renforcer la sécurité de l’approvisionnement. Le secrétariat de cette démarche est assuré par Masen.
Le projet a été lancé en novembre 2016 à Marrakech, puis relancé par une déclaration commune signée en décembre 2018 à Bruxelles. Un mémorandum d’entente, établi en novembre 2022 à Charm el-Cheikh, a formalisé l’engagement des cinq pays à développer les interconnexions et à éliminer les obstacles aux contrats d’achat d’électricité renouvelable.
Un premier comité de pilotage, réuni en décembre 2023 durant la COP28 à Dubaï, a initié les travaux sur les contrats d’achat, les interconnexions et l’harmonisation des réglementations.
En 2025, le PAREMA a réuni les institutions marocaines concernées pour aborder les garanties d’origine, qui visent à certifier le caractère renouvelable de l’électricité exportée, la gestion des interconnexions et les prochaines étapes de mise en œuvre.
Lors d’un symposium organisé le 3 juin 2025 à l’université Mohammed-V de Rabat, la ministre de la Transition énergétique, Leïla Benali, a déclaré que l’intégration des marchés et des réseaux devait « améliorer la sécurité d’approvisionnement et renforcer la compétitivité des prix ».
Cette intégration devrait également offrir plus de flexibilité au gestionnaire du réseau pour faciliter le déploiement à grande échelle des énergies renouvelables, a-t-elle ajouté. Les interconnexions représentent, depuis 2009, le troisième levier de la stratégie énergétique marocaine, selon la ministre.
L’ambassadeur d’Allemagne au Maroc, Robert Dölger, a cependant souligné les obstacles restant à franchir. « Il n’y aura aucun transport d’électrons sans un cadre réglementaire, des incitations économiques, des standards techniques ou une certification d’origine », a-t-il affirmé.
Les experts réunis à Rabat ont également insisté sur la nécessité d’harmoniser les législations et de garantir un accès transparent des producteurs privés aux réseaux. Masen a présenté l’évolution des capacités solaires et éoliennes marocaines, tandis que l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles a fait une comparaison des différentes possibilités d’exportation d’électricité et d’hydrogène, de leurs coûts et de leurs prérequis technologiques.
Selon la feuille de route SET, cinq conditions doivent être satisfaites pour permettre un commerce d’électricité renouvelable effectif entre le Maroc et l’Europe.
Les partenaires doivent établir un système de garanties d’origine reconnu internationalement, déterminer les règles d’exploitation, d’allocation des capacités et de partage des recettes des interconnexions, rapprocher leurs réglementations et leurs structures de marché, conclure un accord spécifique de commerce d’électricité entre le Maroc et l’Union européenne, et mobiliser des entreprises prêtes à s’engager comme acheteurs à long terme.
Le rapport souligne également que le PAREMA a lancé une étude sur le potentiel d’électrification de l’industrie marocaine. Cette étude doit identifier les procédés industriels pouvant être électrifiés de manière économiquement viable et formuler des recommandations pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Le partenariat funge également comme plateforme pour les entreprises allemandes, facilitant leur accès au marché marocain et leur dialogue avec les institutions et décideurs du secteur énergétique.
Cependant, le rapport ne fixe aucune date pour les premières exportations et ne fournit ni volumes prévisionnels, ni coût total des infrastructures. Les projets se trouvent en phase préparatoire, dédiée aux études, interconnexions, règles commerciales, certifications, ainsi qu’à la recherche d’investisseurs et d’acheteurs.
