Roumen Radev obtient la majorité absolue au Parlement en Bulgarie.
Roumen Radev, ex-président bulgare, a remporté la majorité absolue aux législatives avec 44,7% des voix, selon des résultats officiels publiés lundi. La participation au scrutin a atteint plus de 50%, au plus haut depuis 2021, selon l’institut de sondage Market Links.
L’ex-président bulgare Roumen Radev, engagé à mettre fin à la corruption et à l’instabilité politique qui affectent le pays le plus pauvre de l’Union européenne, a obtenu la majorité absolue lors des élections législatives, selon les résultats officiels publiés lundi. Son parti, Bulgarie progressiste, a recueilli 44,7 % des voix, d’après ces résultats basés sur 96,4 % des bulletins comptabilisés après le scrutin de dimanche, le positionnant pour obtenir environ 130 sièges sur les 240 du Parlement.
Cette victoire majeure représente la première majorité parlementaire absolue en Bulgarie depuis 1997, offrant une chance de former un gouvernement stable après huit élections en cinq ans. Bulgarie progressiste devance largement les conservateurs (GERB) de l’ancien Premier ministre Boïko Borissov, qui ont obtenu 13,4 %, et les libéraux du PP-DB, avec 12,9 % des voix.
« Nous avons surmonté l’apathie », a déclaré Roumen Radev, ancien général et pilote de chasse de 62 ans, lors d’un discours devant ses partisans dimanche. Partisan du dialogue avec Moscou, le futur chef de gouvernement a affirmé que son pays « fera des efforts pour poursuivre sa voie européenne, mais croyez-moi, une Bulgarie forte et une Europe forte ont besoin d’esprit critique et de pragmatisme ».
Avant le scrutin, il avait exprimé son accord avec la Hongrie et la Slovaquie concernant le refus d’envoyer des armes en Ukraine, soulignant qu’il ne voyait « pas l’intérêt pour son pays, pauvre, de payer ». Cependant, bien qu’il ait défendu les avantages de l’UE pour son pays de 6,5 millions d’habitants depuis son adhésion en 2007, il a écarté l’idée d’exercer son droit de veto pour bloquer les décisions de l’Union.
« C’est une victoire de l’espoir sur la défiance, une victoire de la liberté sur la peur », a ajouté M. Radev, qui avait démissionné de ses fonctions de président en janvier pour se lancer dans la campagne électorale, promettant de mettre fin à l' »oligarchie politique » qui règne sur le pays. Son parti, créé il y a quelques mois, regroupe des personnalités variées, allant de militaires à d’anciennes figures socialistes et des sportifs.
Boryana Dimitrova, de l’institut de sondage Alpha Research, a déclaré à l’AFP que Roumen Radev s’affirme comme le « vainqueur sans équivoque » de ce scrutin, notant que le score du GERB est « bien plus faible que prévu ». Selon le politologue Teodor Slavev, Roumen Radev « a grignoté l’électorat du parti pro-Kremlin, Vazrazhdane », grâce à ses positions ouvertes vis-à-vis des Russes et son discours anti-élites. Des sondages révèlent également que certains anciens électeurs de partis pro-occidentaux ont décidé de lui faire confiance.
Il « couvre un spectre très large », a analysé la semaine dernière un proche, l’ancien vice-Premier ministre Atanas Pekanov. Le politologue Daniel Smilov, du Center for Liberal Strategies, estime qu’il sera soumis à des « pressions » pour orienter la Bulgarie vers une position « eurosceptique », tant au sein de son propre parti que face à l’opposition d’extrême droite.
« Ses signaux initiaux indiquent qu’il adoptera une politique pro-européenne et ne bloquera pas l’UE. La question est de savoir si ces signaux se traduiront en actions », a-t-il ajouté. Boïko Borissov a félicité Roumen Radev, tout en rejetant l’idée qu’il puisse être porteur de « nouveauté ». « Gagner les élections est une chose, gouverner en est une autre », a-t-il prévenu.
Les manifestations anticorruption qui ont ponctué 2021 ont conduit à la chute de Boïko Borissov, au pouvoir pendant près de dix ans. Depuis, des coalitions fragiles se sont succédé, avec une dernière qui a dû démissionner en décembre face à de nouvelles manifestations soutenues par Roumen Radev. « C’est simple : les gens veulent que tout change », s’est réjouie la retraitée Stiliana Andonova, interrogée par l’AFP.
Gergana Mihailova, analyste financière de 47 ans, exprime ses craintes qu’une Bulgarie pro-européenne « change d’orientation politique » au profit de Moscou. Le taux de participation au scrutin a dépassé les 50 %, un niveau plus élevé que depuis 2021, selon l’institut de sondage Market Links. Ce scrutin marque également l’entrée au Parlement du parti d’extrême droite Vazrazhdane ainsi que du parti MRF représentant la minorité turque et rom.
En 2023, à Dubaï, la communauté internationale s’est engagée à amorcer la transition vers la sortie des énergies fossiles pour freiner le changement climatique, certains célébrant le début de la fin du pétrole. Trois ans plus tard, la guerre au Moyen-Orient illustre combien le monde reste dépendant des hydrocarbures. Cette dépendance bouleverse l’économie et remet en question la sécurité énergétique à l’échelle mondiale, renforçant les arguments pour abandonner définitivement le pétrole, la source d’énergie émettrice de gaz à effet de serre la plus importante.
Malgré les nombreux appels à cette fin, la promesse faite à Dubaï lors de la COP28, la conférence de l’ONU sur le climat, semble désormais reléguée au second plan. Certains l’expriment avec plus de franchise que d’autres. Le président américain Donald Trump l’a communiqué par son slogan de campagne : « drill, baby, drill » (« fore, bébé, fore ») et l’a confirmé par ses interventions militaires dans deux pays riches en pétrole, le Venezuela puis l’Iran.
Dans ce contexte, plus de 50 nations participeront la semaine prochaine en Colombie à une réunion inédite sur la sortie progressive des énergies fossiles. « Si du jour au lendemain les compagnies pétrolières fermaient leurs portes, cela provoquerait un désastre économique planétaire sans précédent. Des géants bancaires tels que HSBC feraient faillite », a déclaré à l’AFP Claudio Angelo, coordinateur de la politique internationale du réseau brésilien d’ONG Observatoire du climat.
La sensibilité des marchés financiers aux fluctuations du prix du baril s’explique par le fait que les actifs liés au pétrole demeurent incontournables. L’économie de pays comme l’Arabie saoudite, le Koweït ou l’Irak repose presque entièrement sur les hydrocarbures. D’autres économies, comme la Colombie, dépendent tellement de ces revenus que le président Gustavo Petro réclame un allègement de la dette souveraine du pays pour pouvoir tenir sa promesse de ne plus signer de nouveaux contrats d’exploration pétrolière.
Des puissances exportatrices de brut, telles que les États-Unis, le Canada et l’Australie, disposent en revanche des moyens de réussir leur transition énergétique, estime Bill Hare, directeur de l’institut Climate Analytics. « C’est une question de volonté politique », affirme-t-il à l’AFP. Cependant, les tensions géopolitiques et économiques ont largement relégué au second plan la lutte contre le réchauffement climatique ces dernières années. Certains gouvernements, à commencer par l’administration Trump, n’hésitent pas à afficher leur climato-scepticisme.
« Il existe une vision dominante en Occident, principalement menée par les États-Unis, qui vise à revenir à un modèle déjà révolu », estime Leonardo Stanley, chercheur associé au Centre d’études sur la société à Buenos Aires. « Le secteur du pétrole et du gaz est le lobby le plus puissant sur terre », souligne Claudio Angelo : « Cela fait 30 ans qu’il s’emploie à repousser les changements ».
Par exemple, une enquête de l’AFP en 2023 a révélé que le cabinet de conseil McKinsey défendait en coulisses les intérêts de ses clients pétroliers, de la compagnie américaine ExxonMobil au géant saoudien Aramco, lors des préparatifs de la COP28. Pour sortir du pétrole et engager la transition de leur économie, les pays producteurs dépendants de ces ressources et les pays pauvres ont besoin d’un soutien financier considérable. « Il faut une certaine bonne volonté de la part des grandes et moyennes puissances économiques pour créer un système international qui facilite cette transition », ce qui n’est pas encore le cas, explique Bill Hare.
Malgré cela, des progrès sont réalisés. En 2025, les énergies renouvelables devraient représenter près de 50 % de la capacité électrique mondiale, un record selon l’Irena, l’agence internationale en charge de soutenir la transition énergétique mondiale. La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre et leader dans la production d’énergies renouvelables, a considérablement augmenté ses capacités éoliennes et solaires l’an dernier. Au Pakistan, l’énergie solaire, encore marginale en 2020, est devenue l’une des principales sources d’électricité. Dans plusieurs régions d’Australie et des États-Unis, l’essor des énergies renouvelables a permis de réduire les factures d’électricité, note Bill Hare.

