Meurtre d’Agnès Lassalle : l’avocat met en avant le discernement de l’accusé
Le procès de l’élève qui a poignardé sa professeure le 22 février 2023 s’ouvre ce mardi à Pau, et l’audience pour assassinat se déroulera à huis clos. L’adolescent, qui avait 16 ans au moment des faits, encourt trente ans de réclusion criminelle.
Un peu plus de trois ans après les événements, le procès de l’élève ayant poignardé sa professeure, le 22 février 2023, au lycée privé Saint-Thomas d’Aquin de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) débute ce mardi à Pau.
L’audience pour assassinat se tiendra à huis clos, l’accusé étant âgé de 16 ans au moment des faits, lorsqu’il a infligé un coup de couteau fatal à Agnès Lassalle, professeure d’espagnol de 53 ans. Il avait caché l’arme dans un rouleau de papier essuie-tout avant de lui porter un coup unique à la poitrine, devant une classe choquée.
Un adolescent au profil psychologique très fragile
Lors de sa garde à vue, le jeune homme avait mentionné « une petite voix qui lui parle, un être égoïste, manipulateur, égocentrique, l’incitant à faire le mal et qui lui aurait suggéré, la veille, de commettre un assassinat », rapportait le parquet. Pendant l’instruction, deux des trois expertises avaient conclu à une responsabilité pénale de l’adolescent, tandis que la troisième affirmait une abolition du discernement.
« Le discernement de l’accusé sera au cœur des débats », estime Maître Thierry Sagardoytho, avocat de l’accusé. « Le dossier contient trois expertises aux conclusions diamétralement opposées. » Il prévoit également d’interroger l’accompagnement médical dont a bénéficié le jeune homme, décrit comme très fragile, ayant tenté de mettre fin à ses jours en ingérant des médicaments en octobre 2022. Au moment des faits, il suivait un traitement pour des troubles psychologiques. « La prise en charge avant le drame était-elle suffisante ? Aurait-elle pu l’éviter ? », questionne l’avocat de la défense. L’adolescent, décrit comme solitaire, aurait également été victime de harcèlement dans son précédent établissement.
Dans la salle, le compagnon d’Agnès Lassalle, qui avait touché l’opinion publique en exécutant quelques pas de danse devant le cercueil en hommage à la victime, passionnée de danse, devrait suivre les débats. Ces derniers s’étendront jusqu’au 24 avril, avec l’espoir pour les parties civiles de comprendre les raisons d’un tel acte.
« Les débats à huis clos seront douloureux pour tous. Chacun garde en mémoire le souvenir d’Agnès Lassalle », commente Maître Thierry Sagardoytho. Les avocats des parties civiles n’ont pas répondu aux demandes de 20 Minutes. Avant le procès, l’ancien compagnon de la victime, Stéphane Voisin, a déclaré à France 2 qu’il espérait « seulement voir le prévenu afin que, pour une fois, il fasse face à ses responsabilités », souhaitant « la reconnaissance d’un geste, au moins, la reconnaissance de ce geste horrible ».
L’adolescent jugé pour l’assassinat de sa professeure risque une peine de trente ans de réclusion criminelle.

