Tesla et Optimus : dépendance d’Elon Musk à la Chine expliquée
Tesla a arrêté la production de ses berlines et SUV historiques, Model S et X, pour se concentrer sur la fabrication de son robot Optimus à grande échelle. Selon Wang Hao, vice-président de Tesla et président de Tesla Chine, « Le système de fabrication de Shanghai est une clé en or pour résoudre le défi de la production de masse ».

L’entreprise d’Elon Musk réévalue ses priorités industrielles. La focalisation exclusive sur l’automobile est révolue, et l’avenir de la marque passe désormais par l’intelligence artificielle et la robotique.
Cette évolution s’est traduite par l’arrêt de la production de ses modèles phare, les berlines et SUV (Model S et X), afin de libérer de l’espace dans ses lignes d’assemblage de Fremont aux États-Unis.
Cependant, pour produire son robot Optimus en grandes quantités, le constructeur sait qu’il ne pourra pas compter uniquement sur ses infrastructures historiques américaines.
La Gigafactory de Shanghai, véritable moteur de production
L’un des défis majeurs pour Tesla aujourd’hui n’est pas le prototypage, mais l’industrialisation de son robot humanoïde. Lors d’une récente déclaration rapportée par IT Home, Wang Hao, vice-président de Tesla et président de Tesla Chine, a affirmé : « Le système de fabrication de Shanghai est une clé en or pour résoudre le défi de la production de masse ». Cette remarque survient peu après la présentation de sa dernière génération d’humanoïde sur le sol chinois.
L’usine de Shanghai a déjà démontré son efficacité en matière de volume. Depuis le début de ses livraisons fin 2019, elle est devenue le centre névralgique de la marque. Son objectif est de produire 851 000 voitures électriques d’ici 2025, ce qui représenterait plus de la moitié des livraisons mondiales du constructeur pour cette année.
Si vous êtes à la recherche d’une voiture électrique aujourd’hui, il y a de fortes chances qu’un modèle assemblé en Chine soit parmi vos choix. Ce savoir-faire logistique et industriel est précisément ce que l’entreprise souhaite appliquer à son activité robotique.
Un secteur technologique sous pression
Malgré l’optimisme affiché par la direction, le développement d’Optimus n’est pas une tare aisée. Le robot rencontre encore d’importantes difficultés techniques lors de ses phases de test, avec des problèmes de surchauffe de ses moteurs et une vitesse d’exécution limitée.
Pour surmonter ces défauts initiaux, la firme mise fortement sur le développement de nouveaux processeurs (AI5) destinés à l’intelligence artificielle, conçus pour améliorer considérablement les capacités de calcul et de mouvement de ses machines.

Le temps presse pour l’entreprise américaine, car la concurrence locale se structure rapidement. En Chine, certains fabricants automobiles, comme Chery, commercialisent déjà leurs propres modèles humanoïdes, tirant parti des capteurs et des innovations logicielles dérivées de la conduite autonome.
Selon le cabinet de recherche Omdia, Tesla aurait produit moins de 500 unités de son robot en 2025. Le défi est donc considérable pour l’entreprise d’Elon Musk face à des acteurs locaux particulièrement agressifs sur ce nouveau marché.
Une dépendance croissante à l’écosystème chinois
La stratégie de la société montre un déplacement clair de son centre de gravité vers l’Asie. Alors que les usines européennes sont confrontées à des normes sociales plus strictes qui ralentissent les nouveaux projets, la Chine offre un environnement industriel de pointe. On constate d’ailleurs la différence entre l’usine de Berlin et celle de Shanghai en matière de robotisation, comme cela a été évoqué lors de notre visite.
Cette dynamique ne se limite pas à la fabrication de véhicules ou de robots. L’entreprise a ouvert une nouvelle usine à Shanghai en 2025, dédiée cette fois à la fabrication de systèmes de stockage d’énergie commerciaux.
De plus, pour soutenir ses infrastructures aux États-Unis, le constructeur s’est tourné vers l’Asie pour sécuriser ses approvisionnements en équipements solaires. La Chine n’est plus simplement un marché d’exportation ou un atelier pour Tesla, mais est devenue un pilier indispensable de son transition vers l’intelligence artificielle et les services automatisés.

