Maroc

Des architectes dénoncent l’injustice et appellent à sauver leur profession.

Un colloque scientifique intitulé « L’urbanisme et son impact sur l’environnement » a été organisé par le Syndicat national des architectes privés (SNAP) pour débattre des contraintes de la profession d’architecte au Maroc. Les participants ont appelé à une révision globale du cadre juridique régissant la profession afin de garantir la protection des droits des professionnels et d’améliorer leur rôle dans le processus d’urbanisme.


Un colloque scientifique a récemment été organisé par le Syndicat national des architectes privés (SNAP) sur le thème : « L’urbanisme et son impact sur l’environnement ». Cet événement a offert aux architectes l’occasion de discuter des contraintes de leur profession, des dysfonctionnements dans le secteur de l’urbanisme et de l’aménagement urbain, et de faire état de la crise que traverse la profession d’architecte au Maroc. Les participants ont lancé un appel urgent pour une réforme, dénonçant ce qu’ils qualifient d’« injustice juridique » et insisté sur la nécessité de réhabiliter le rôle des architectes.

Les interventions des professionnels et experts ont mis en avant des déséquilibres structurels qui affectent le secteur, tels que le cadre juridique insuffisant, l’absence de conditions de concurrence loyale et le déclin du rôle de l’architecte dans le processus d’urbanisme. Cette situation a souvent réduit la fonction de l’architecte à une simple validation de plans, sans véritable implication dans le suivi et l’exécution des projets.

Hassan El Menjra, président du Syndicat national des architectes, a souligné que la profession fait face à des défis sans précédent qui menacent son rôle central dans le développement urbain. Il a précisé que le manque d’une protection juridique efficace ouvre la porte à des pratiques dégradantes pour la profession, menaçant la dignité de l’architecte dans un contexte de désordre et de chevauchement non régulé des compétences.

Il a également affirmé que se limiter à la validation des plans, sans permettre aux architectes d’assurer le suivi des travaux, est une des plus évidentes formes d’injustice professionnelle. Cette situation a des répercussions non seulement sur le statut des architectes, mais met aussi en danger la qualité des projets et la sécurité des constructions, menant à une marginalisation de leur rôle.

Ali Gassous, vice-président du syndicat, a évoqué le désordre dans le secteur, causé par une faiblesse des mécanismes de contrôle et un manque de rigueur dans l’application des lois. Il a noté que de nombreux projets sont réalisés sans respecter les normes techniques, ce qui affecte le paysage urbain et pose des risques pour la sécurité des citoyens.

Gassous a apporté des exemples concrets de la réalité professionnelle, montrant l’ampleur des défis auxquels les architectes sont confrontés, tant dans les administrations publiques que dans le secteur privé. Il a insisté sur l’absence d’égalité des chances et la persistance de discriminations professionnelles qui soulèvent des inquiétudes quant à l’avenir de la profession au Maroc.

Le colloque a également abouti à plusieurs recommandations, la première étant une révision complète du cadre juridique régissant la profession d’architecte pour protéger les droits des professionnels et renforcer leur position dans le domaine de l’urbanisme. Les participants ont souligné la nécessité d’un suivi des chantiers par les architectes, condition essentielle pour garantir la qualité des constructions et la sécurité des projets.

De plus, les intervenants ont appelé à renforcer les mécanismes de contrôle et de responsabilité, à mettre fin à l’état de laxisme dans le secteur, et à lutter contre les pratiques qui marginalisent les compétences nationales au profit de solutions rapides, au détriment de la qualité et des normes professionnelles.

Le colloque a également mis en lumière les conséquences néfastes du statu quo, qui affecte non seulement la profession d’architecte, mais également la qualité de vie urbaine et l’équilibre environnemental et territorial. Les participants ont unanimement affirmé que la réhabilitation de l’architecte est fondamentale pour un développement urbain durable, basé sur la qualité, l’innovation et le respect des normes.

En somme, les architectes ont exprimé leur espoir que le gouvernement et le Parlement répondent favorablement à leurs revendications, arguant que la situation actuelle nécessite des décisions audacieuses pour restaurer la confiance et remédier aux dysfonctionnements. Ils ont averti que l’inaction ne ferait qu’aggraver la crise et conduire à plus de dérives dans ce secteur crucial pour la sécurité et le bien-être des citoyens.