Maroc

Le PAM prévoit un million d’emplois d’ici 2031 : détails ici.

Le Parti de l’Authenticité et de la Modernité (PAM) a dévoilé un programme ambitieux en vue des élections législatives de 2026, avec un objectif phare : la création d’un million d’emplois nets d’ici 2031. Cette promesse s’accompagne d’un ensemble de mesures détaillées, englobant la formation des jeunes, la fiscalité des petites et moyennes entreprises (PME), la croissance économique et la souveraineté énergétique. Cet article examine les différentes facettes de ce projet et les moyens envisagés pour le financer.

Le PAM ne se limite pas à la question du pouvoir d’achat, bien que ce dernier soit mis en avant. En effet, le programme se décline en cinq grands « pactes », totalisant un investissement de 200 milliards de dirhams. Ces pactes abordent des thématiques variées telles que l’insertion des jeunes, la citoyenneté, la souveraineté stratégique et la croissance économique. Parmi les engagements phares, on trouve la création d’un million d’emplois, la mise à niveau des hôpitaux publics, l’édification de six stations de dessalement, ainsi qu’un projet national sur l’intelligence artificielle.

Le « Pacte de l’intégration des jeunes » constitue le cœur de cette initiative. Il vise à relier l’éducation, la formation, les compétences et l’emploi dans un cadre cohérent, sous la supervision directe du chef du gouvernement. Ce pacte comprend cinq engagements principaux : un parcours d’insertion pour les jeunes sans emploi ni formation, l’objectif d’éradiquer l’abandon scolaire sans solution, l’acquisition de compétences avec un premier contrat de travail, l’amélioration des conditions de travail, et la création d’un fonds public pour le logement locatif des jeunes.

Le volet dédié à l’emploi des jeunes est particulièrement ambitieux. Le PAM projette d’augmenter la capacité d’accueil de la formation professionnelle à 150 000-200 000 bénéficiaires par an, d’inscrire 300 000 jeunes sur la plateforme « Massar Intégration » et d’assurer 500 000 reconversions vers des métiers en tension. Le programme « Premier contrat de travail » vise 500 000 jeunes sur cinq ans, tandis que 60 000 entreprises devraient bénéficier d’un accompagnement en matière d’incubation et de financement.

Une initiative notable est la création de 125 000 « opportunités de mobilité professionnelle légale », visant à encadrer l’émigration comme un levier d’acquisition de compétences, en établissant des accords avec des pays en manque de main-d’œuvre. De plus, des prêts sans intérêt seront proposés aux jeunes ruraux pour des projets agricoles, avec l’ambition de stabiliser 80 000 jeunes dans les territoires et de fournir 100 000 solutions de logement entre 2027 et 2031.

Concernant le pacte de la « citoyenneté », il englobe six engagements touchant à la santé, à l’emploi, à l’éducation, au logement, au numérique et à la langue amazighe. Le PAM vise une couverture sanitaire universelle à 100 %, soutenue par la modernisation de 1 600 centres de santé et de 90 hôpitaux. L’engagement phare reste la création d’au moins un million d’emplois nets d’ici 2031, répartis dans divers secteurs, dont 270 000 dans les services à forte valeur ajoutée, 250 000 dans l’industrie et 360 000 liés à la Coupe du monde 2030.

Pour atteindre ces objectifs, le PAM propose de réserver 15 % des commandes publiques aux PME et d’exonérer d’impôt sur les sociétés les micro et petites entreprises qui créeraient trois emplois. Sur le plan numérique, le parti prévoit l’établissement de 12 pôles numériques régionaux. Un fonds sera également créé pour favoriser l’officialisation de la langue amazighe dans la sphère publique.

Le quatrième pacte, axé sur la « souveraineté stratégique », répond à un contexte géopolitique jugé exceptionnel. Il se décline en quatre engagements : sécurité énergétique, sécurité hydrique, sécurité alimentaire et souveraineté technologique. Le PAM ambitionne d’atteindre 52 % d’énergies renouvelables dans la consommation électrique, de réaliser près de 400 ouvrages hydrauliques et de lancer un projet national sur l’intelligence artificielle, intégrant cette discipline à tous les niveaux éducatifs.

Enfin, le pacte de la « croissance et de la durabilité » est le moins détaillé, mais pose la croissance économique comme condition préalable au financement des autres engagements. Il s’appuie sur sept leviers de réussite, tels que l’adaptation de la formation aux besoins des secteurs productifs et le soutien à l’innovation.

Le coût total du programme est évalué à 350 milliards de dirhams sur cinq ans, soit environ 70 milliards par an. Ce montant se répartit entre les différents pactes, avec 150 milliards pour le pouvoir d’achat, 100 milliards pour la citoyenneté, 50 milliards pour l’intégration des jeunes et 50 milliards pour la souveraineté stratégique. Le PAM prévoit que le financement provienne principalement de l’effet additionnel de la croissance économique, ainsi que de contributions des collectivités territoriales et d’améliorations budgétaires. Cette architecture de financement repose sur des promesses de croissance future, soulevant des interrogations sur la crédibilité budgétaire du programme à venir.