
Le Maroc augmente ses droits de douane américains de 10% à 12,5%
Le Maroc voit ses droits de douane passer de 10 % à 12,5 % dans le cadre du nouveau dispositif commercial américain. Washington cible 60 partenaires représentant 99,4 % des importations américaines, dans le cadre de la lutte contre le travail forcé. Parmi les principales exemptions figurent le pétrole, le gaz et les engrais.
Dans un communiqué publié le vendredi 24 juillet 2026, le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) a annoncé que l’ambassadeur Jamieson Greer, sur instruction du président Donald Trump, prend des mesures définitives en vertu de la section 301 du Trade Act de 1974, en imposant de nouveaux droits de douane à 60 économies.
Cette mesure concerne les 60 principaux partenaires commerciaux des États-Unis, représentant 99,4 % des importations américaines. Justifiée par la lutte contre le travail forcé, elle vise les économies que Washington estime ne pas avoir instauré ou appliqué efficacement une interdiction des importations de produits issus du travail forcé. Le Maroc est l’un des pays concernés et voit son droit de douane augmenter à 12,5 %.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, défend cette décision en déclarant que « le président Trump reconnaît que des décennies de persuasion morale n’ont pas permis d’éradiquer le travail forcé des chaînes d’approvisionnement mondiales. Les États-Unis disposent d’une interdiction des importations de produits issus du travail forcé depuis près d’un siècle et l’appliquent rigoureusement. Il est grand temps que nos partenaires commerciaux en fassent autant. »
Deux niveaux de taxation ont été retenus. Le taux de 10 % s’applique aux économies qui disposent d’une interdiction des importations de produits issus du travail forcé, qui se sont engagées à instaurer et à appliquer une telle interdiction dans le cadre d’un accord commercial de réciprocité, ou qui ont mis en place un régime partiel empêchant l’importation de certaines marchandises produites par le travail forcé. Les autres économies, dont le Maroc, sont soumises à un droit de douane de 12,5 %.
En avril 2025, Donald Trump avait annoncé une vaste série de droits de douane, allant de 10 % à 50 %, visant presque tous les partenaires commerciaux des États-Unis. Ces mesures étaient fondées sur l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), une loi de 1977 permettant au président américain de prendre des mesures économiques exceptionnelles en cas d’urgence nationale liée à une menace étrangère.
Dans ce cadre, le Maroc avait été soumis au taux minimal de 10 %, le plus bas de la grille tarifaire. Cependant, le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis a jugé, par six voix contre trois, que le président n’avait pas l’autorité juridique nécessaire pour instaurer ces droits de douane en s’appuyant sur l’IEEPA.
Peu après cette décision, Donald Trump a annoncé de nouveaux droits de douane généralisés, cette fois fondés sur la section 122 du Trade Act de 1974. Cette disposition autorise le président à instaurer temporairement des surtaxes douanières, dans la limite de 15 % pour une durée maximale de 150 jours. Au-delà de cette période, une autorisation du Congrès est requise. Ce régime transitoire arrivant à expiration ce vendredi 24 juillet 2026, l’administration américaine se tourne désormais vers un nouveau fondement juridique.
Les nouveaux droits de douane reposent sur la section 301 du Trade Act de 1974, à l’issue d’une enquête sur les pratiques de plusieurs économies concernant l’interdiction et l’application des règles visant à empêcher l’importation de produits issus du travail forcé.
Le dispositif prévoit également plusieurs exemptions, notamment pour le pétrole, le gaz naturel et les engrais. Sont également exemptés les matières premières dont la taxation pourrait entraîner une insuffisance de l’offre sur le marché américain, les produits susceptibles de provoquer des perturbations économiques à l’échelle nationale s’ils étaient taxés, ainsi que les biens qui ne peuvent être cultivés ou produits aux États-Unis en quantités suffisantes ou à des prix raisonnables.
La liste des pays concernés est la suivante :
Taux de 10 % :
– Argentine
– Bangladesh
– Cambodge
– Canada
– Équateur
– Salvador
– Union Européenne
– Guatemala
– Honduras
– Inde
– Indonésie
– Jordanie
– Malaisie
– Mexique
– Pakistan
– Sri Lanka
– Taïwan
– Trinité-et-Tobago
– Royaume-Uni
Taux de 12,5 % :
– Maroc
– Japon
– Angola
– Australie
– Bahreïn
– Brésil
– Chili
– Chine
– Colombie
– Costa Rica
– République dominicaine
– Égypte
– Guyana
– Irak
– Israël
– Algérie
– Kazakhstan
– Koweït
– Libye
– Nouvelle-Zélande
– Nicaragua
– Nigeria
– Norvège
– Oman
– Pérou
– Philippines
– Qatar
– Russie
– Corée du Sud
– Arabie saoudite
– Singapour
– Afrique du Sud
– Suisse
– Thaïlande
– Bahamas
– Turquie
– Émirats arabes unis
– Uruguay
– Venezuela
– Vietnam
