Maroc

Coupe du monde 2026 : Mohamed Ouahbi ne cache pas ses éclairages


Le mardi 14 juillet, le Complexe Mohammed VI de Salé a accueilli une conférence organisée par la Fédération royale marocaine de football, permettant aux médias d’échanger avec Mohamed Ouahbi. Mohamed Ouahbi a déclaré que « la Coupe d’Afrique des nations 2027 constituera le prochain grand rendez-vous » pour son équipe nationale.


Un brin fataliste et agacé par le déroulement de la conférence de presse, qui s’est tenue ce mardi 14 juillet au Complexe Mohammed VI de Salé, Mohamed Ouahbi a tenté d’apporter sa version des faits face à des questions pour lesquelles il n’avait pas toujours de réponses. Malgré l’élimination en quart de finale du Mondial 2026, le sélectionneur a exprimé une foi inébranlable en l’avenir.

Ce mardi, la Fédération royale marocaine de football a organisé une conférence au Complexe Mohammed VI de Salé, destinée aux médias, en particulier à ceux qui n’étaient pas présents aux États-Unis, afin d’échanger avec le sélectionneur national Mohamed Ouahbi. Le technicien marocain n’a pas réellement présenté son bilan après l’élimination contre la France, affirmant que « ce n’était sans doute pas le bon timing », alors que la défaite était encore présente à l’esprit.

Il n’était pas le seul à ressentir le poids de cette élimination, désignée comme un « non-match » par ses propres termes. En effet, plus de la moitié des questions posées ont concerné la sortie sans éclat des Lions de l’Atlas, et on pouvait percevoir chez lui une certaine impatience à ce sujet, ayant déjà indiqué qu’il préférait se concentrer sur l’avenir plutôt que sur le passé.

Mohamed Ouahbi a cependant abordé sans détour les raisons de leur défaite contre la France, qui a quelque peu terni un parcours par ailleurs remarquable. Il n’a pas cherché à se défausser, admettant que son équipe n’avait pas affiché le niveau auquel elle avait été formée depuis sa prise de fonction. « On aurait aimé finir la compétition en étant nous-mêmes, avec notre identité. Et j’en assume la responsabilité », a-t-il consacré, soulignant que, malgré cette déception, le Maroc ne devait pas perdre de vue son parcours.

Il a insisté sur le fait que le quart de finale face à la France ne peut pas occulter presque un mois de compétition, durant lequel les Lions de l’Atlas ont démontré un visage séduisant et confirmé leur place parmi les équipes de premier plan. « Il ne faut surtout pas oublier le travail accompli et le parcours réalisé. On a une équipe proactive et dominante avec une identité marocaine », a-t-il réitéré.

Le sélectionneur a reconnu que les grandes compétitions se disputent souvent sur des détails. C’est cette culture de la minutie qui a manqué aux Lions de l’Atlas. Il a déclaré : « On a manqué de maturité et de personnalité par moments afin de pouvoir amener le ballon dans leur camp », concernant l’absence de continuité dans les actions qui a entravé le jeu marocain.

La frustration était d’autant plus palpable que le scénario du match n’a pas correspondu aux intentions initiales. Mohamed Ouahbi a assuré qu’il n’avait pas renié ses principes, affirmant : « On n’a pas eu peur. Le plan de jeu était différent, mais les intentions étaient les mêmes. On n’a rien changé tactiquement non plus. » Ce choix de privilégier le contrôle plutôt que la profondeur alimente les débats, notamment en raison de l’absence d’Ismaïl Saibari et du rôle limité des attaquants, peu présents lors de ce quart de finale.

Pour lui, le souci ne relevait pas des choix tactiques, mais de l’exécution de ceux-ci. « Par rapport aux attaquants, on avait des profils suffisants. Mais contre la France, on a utilisé une stratégie qui n’a pas marché. On a manqué de percussion », a-t-il admis. Cette conférence de presse a révélé une ambivalence, car bien que Mohamed Ouahbi ait reconnu une part de responsabilité, il a défendu un projet qu’il considère toujours sous de bons auspices.

Au-delà du résultat brut, le sélectionneur souhaite mettre en avant la transformation de son équipe, qui est devenue plus ambitieuse et capable de rivaliser avec les meilleures équipes mondiales. À propos de l’élimination contre les Bleus, il a également été questionné sur ses décisions concernant la liste de 26 joueurs qui se sont rendus en Amérique.

Conscient que certaines absences susciteraient des critiques, il a affirmé que la composition du groupe tenait avant tout à une logique de complémentarité entre les joueurs. « Quand on a fait la sélection des 26, j’ai dit que le choix était très dur, jusqu’au dernier moment », a-t-il précisé, ajoutant que les joueurs écartés n’étaient pas nécessairement moins talentueux, mais moins adaptés aux besoins du moment.

Selon lui, cela illustre qu’il n’y a pas une grande différence entre les joueurs restés et ceux qui sont partis. Il a tenu à souligner que la victoire en Coupe du monde ne dépend pas simplement des meilleurs joueurs sur le papier, mais de ceux qui sont en adéquation avec le projet collectif. « Je ne veux pas trouver des excuses. Et je n’ai pas l’impression d’avoir laissé Naybet et Hadji à leur prime. On les a choisis par rapport à leur profil, leur fraîcheur et leur dynamisme », a-t-il détaillé, tout en évoquant l’importance des joueurs non sélectionnés pour les prochains mois.

Un des points positifs de ce Mondial, selon le sélectionneur, est la jeunesse de son équipe, qui a réussi à atteindre les quarts de finale avec une moyenne d’âge basse. « On avait l’équipe la plus jeune à partir des huitièmes », a-t-il rappelé, tout en notant que cette génération devra franchir de nouveaux paliers, notamment en matière de choix de carrière.

Il a souligné qu’il existait encore un écart entre les joueurs marocains et certains cadres de l’équipe de France, notamment concernant les clubs où ils évoluent. Pour rattraper ce retard, Mohamed Ouahbi fait appel à un meilleur accompagnement pour les jeunes joueurs marocains, leur demandant de faire des choix de carrière judicieux pour se distinguer dans leurs clubs.

Cette exigence s’applique également à la formation, car le Maroc souhaite former des joueurs capables de rivaliser avec les meilleures équipes. La conférence de presse a aussi servi à Mohamed Ouahbi pour dissiper les rumeurs concernant son staff, notamment son adjoint, João Sacramento, accusé de vouloir quitter ses fonctions. « Je peux vous assurer qu’il s’est investi et qu’il adore travailler au Maroc. Il nous a beaucoup aidés et il est super heureux d’être avec nous », a-t-il affirmé, rejetant les rumeurs.

Concernant Hakimi, le sélectionneur a également défendu son capitaine, dont la prestation contre la France a été critiquée. « Un seul joueur comme Hakimi, qui plus est latéral droit, ne peut pas à lui tout seul porter la responsabilité des victoires comme des défaites », a-t-il soutenu. Il a également commenté les critiques émises par le frère de Sofyan Amrabat sur les réseaux sociaux, expliquant qu’il avait l’habitude de gérer les attentes des familles et que, bien que la relation avec le joueur ne soit pas toujours fluide, il restait déterminé à travailler avec lui.

Enfin, en dépit de la déception causée par l’élimination, Mohamed Ouahbi ne voit pas cette situation comme un coup d’arrêt. Pour lui, le Maroc doit transformer cette frustration en motivation pour les futures compétitions. La Coupe d’Afrique des nations 2027 sera le prochain objectif, suivie de l’édition 2028 et du Mondial 2030. « Il faut faire en sorte que l’exploit de 2022 ne soit pas isolé », a-t-il conclu, affirmant que le Maroc ambitionne désormais de ne pas seulement créer des exploits, mais d’établir une tradition, ce qui commence par rivaliser avec les grandes nations du football. À cet égard, il a demandé l’organisation d’un match amical contre une grande nation, en plus des deux rencontres éliminatoires prévues en septembre 2026.