
Aviculture : des pertes de jusqu’à 3 DH par kg pour les éleveurs.
Les prix du poulet continuent de baisser au Maroc, aggravant les pertes des éleveurs. Néanmoins, le secteur espère une reprise progressive des prix à partir de septembre, soutenue par une diminution prévue de l’offre et un léger rebond de la demande. Voici les détails.
L’essentiel
Le prix du poulet vif sortie ferme a chuté à 9 DH/kg, entraînant des pertes de 2 à 3 DH/kg pour les éleveurs. Les professionnels prévoient une légère augmentation de la demande durant l’été, suivie d’une remontée progressive des prix à partir de septembre en raison d’une baisse de l’offre. Le marché des œufs est toujours marqué par une surproduction, tandis que la filière de la dinde souffre d’un excédent important.
Les détails
Le marché avicole traverse une période difficile. Les prix du poulet demeurent à des niveaux très bas, entraînant des pertes considérables pour les éleveurs. Toutefois, les professionnels anticipent un léger regain de la demande durant l’été, favorisé par les mariages et le retour des Marocains résidant à l’étranger (MRE), suivi d’une hausse plus durable des prix à partir de septembre en raison de la baisse prévue de l’offre.
Le poulet vif sortie ferme tombe à 9 DH/kg
Le prix du poulet continue de diminuer, selon les informations recueillies par Médias24 auprès de l’Association professionnelle au service des éleveurs de volailles (APV), qui fait partie de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA).
« Actuellement, le kilogramme de poulet vif sortie ferme s’échange autour de 9 DH, soit un niveau particulièrement faible. Dans les Riyachates, il atteint environ 12 à 13 DH/kg, soit environ 3 à 4 DH de plus », affirment nos sources.
Pour les éleveurs, ces prix sont insuffisants pour couvrir les coûts de production. Selon les professionnels, « les pertes oscillent entre 2 et 3 DH/kg ».
« Cette situation perdure depuis Aïd al-Adha », expliquent-ils. « Le pouvoir d’achat des ménages a été fortement sollicité par la fête du sacrifice, ce qui a pesé sur la consommation de viande blanche comme sur d’autres secteurs ». Les professionnels espèrent néanmoins un léger regain de la demande durant les vacances d’été, avec les mariages et l’arrivée des MRE.
Une disponibilité plus faible et des prix plus élevés à partir de septembre
« Après un pic de production des poussins en juin, les mises en place commenceront progressivement à diminuer à partir d’août », soulignent nos interlocuteurs.
« La baisse de l’offre pourrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année », avant une reprise en janvier 2027. Cette contraction devrait soutenir progressivement les prix à partir de septembre. À court terme, la demande pourrait également connaître un léger regain durant l’été, favorisé par les mariages et le retour des MRE.
Les professionnels s’attendent à une remontée modérée, « qui pourrait atteindre 13 à 14 DH/kg sortie ferme dans le meilleur des cas », soit environ 17 DH/kg au niveau des Riyachates.
La grippe aviaire en Espagne derrière la baisse de l’offre au Maroc
Qu’est-ce qui explique la baisse de l’offre qui s’accentuera à partir de septembre prochain ? « Cette contraction de la production trouve son origine dans les difficultés rencontrées ces derniers mois pour importer des volailles reproductrices, indispensables à la production d’œufs à couver, puis de poussins », nous explique l’APV.
« Le marché marocain dépend très largement de deux fournisseurs espagnols, qui couvrent près de 95% des besoins nationaux. Or, ces deux élevages se sont retrouvés dans le périmètre de restriction sanitaire de 100 kilomètres instauré par le Maroc à la suite de l’annonce d’un foyer de grippe aviaire, bloquant temporairement les importations ».
« Pour limiter l’impact, quelques volailles reproductrices ont été importées de France, ainsi que des œufs à couver provenant d’un élevage espagnol situé hors de cette zone. Mais les volumes sont restés très insuffisants ».
« Au total, environ 90.000 reproducteurs ont été importés ces derniers mois, contre environ 380.000 habituellement sur une période comparable », précisent nos sources au sein de l’Association. « Une baisse qui devrait se traduire, avec plusieurs mois de décalage, par une diminution significative de la disponibilité en poulets ».
Les œufs confrontés à un excès de production
Le marché des œufs connaît une situation différente. Malgré une légère remontée des prix ces derniers jours, l’offre demeure largement excédentaire, selon nos sources à la FISA.
« Entre 2023 et 2025, de nombreux producteurs ont investi dans l’extension de leurs élevages et renouvelé leurs capacités de production. Par conséquent, le marché fait aujourd’hui face à une surproduction ».
« Après être descendus jusqu’à 40 à 45 centimes l’unité, les œufs se vendent désormais autour de 60 centimes sortie ferme. Une amélioration, certes, mais qui reste insuffisante pour rééquilibrer le marché ».
Selon les professionnels, le régime « Nidam Tayibat » aurait eu un effet marginal sur la demande.
La dinde toujours en situation de crise
La filière de la dinde traverse également une période difficile. « Les prix sortie ferme évoluent actuellement autour de 12 à 12,5 DH/kg, loin des niveaux habituels de 17 à 18 DH/kg », soulignent nos interlocuteurs.
« Contrairement au poulet, où les stocks ont commencé à se résorber, les élevages de dindes restent confrontés à un important surplus. Les animaux continuent de grossir en attendant leur abattage, ce qui accroît encore les volumes disponibles et maintient la pression sur les prix ».
