
CA – Maher Kanzari à la barre : dilemme entre cœur et raison !
Kanzari, contesté par une partie des supporters, pourra-t-il surmonter ce handicap et réussir sur un terrain tendu ? Il a les atouts pour le faire.
La Presse — Les noms de Mohamed Kouki, Lassâad Dridi, Benchikha, Chokri Khatoui ont circulé avec insistance pour succéder à Benzarti, mais c’est finalement Maher Kanzari qui a été retenu. Une surprise pour certains, une évidence pour d’autres, mais une chose est certaine, l’arrivée de Kanzari au parc A a suscité une vive réaction.
Cette nomination n’a pas fait que des heureux, une partie des supporters, via les réseaux sociaux, a exprimé son mécontentement. Ils n’ont pas accepté que Kanzari, ancien joueur et entraîneur de l’EST, prenne les rênes. On lui reproche des déclarations anti-CA lors de sa dernière saison en tant qu’entraîneur du ST et de l’EST, et surtout, son étiquette « sang et or » est mal perçue.
Les précédents de Nabil Maâloul et Yousef Zouaoui n’ont pas été oubliés. Cela rend la décision quelque peu controversée, car l’ampleur des contestations est significative, surtout pour les supporters clubistes, fiers de leur récent sacre face à leur rival. Maher Kanzari peut-il surmonter ce préjugé défavorable et ce veto qui pèse sur lui ?
« Je sais ce qui m’attend »
L’intéressé lui-même n’est pas étranger à ce débat. Il résume sa réaction en ces termes : « Je suis heureux pour cette confiance des dirigeants clubistes en ma personne. Pour les supporters qui ne sont pas chauds quant à mon arrivée, je vais tout faire pour réussir et aider le CA à conserver son titre. Je sais ce qui m’attend et je connais bien l’atmosphère et l’ambiance des grands clubs qui jouent pour les titres », a-t-il déclaré. Le nouvel entraîneur clubiste choisira son staff, et, bien sûr, Sami Zommit, son homme de confiance, sera son premier adjoint. Pour le reste du staff, ce seront principalement les choix de Kanzari. Les Touihri, Noubigh et Ben Othmane devraient, quant à eux, rejoindre Benzarti en Libye.
Passons maintenant à l’aspect rationnel. Mehdi Miled, qui a été piégé par Faouzi Benzarti, ayant choisi l’argent des Libyens et manqué à son engagement moral (même s’il n’a jamais eu d’engagement moral durant toute sa carrière), n’a pas tardé à désigner Kanzari. Il a recherché un profil et non une personne, un entraîneur de métier, peu coûteux, prêt à relever le défi, capable de travailler sous pression et ayant une expérience en Afrique. Parmi les quelques noms restants, Kanzari a été jugé comme la « meilleure » solution.
Un entraîneur étranger avec un bon CV, ayant joué et entraîné à un haut niveau, comme les entraîneurs français qui ont souvent réussi au CA, aurait nécessité plus de temps d’adaptation. Miled ne souhaitait pas cela, et il a raison dans une certaine mesure. Maher Kanzari est donc un choix rationnel.
Son CV est très respectable, avec une longue expérience en tant que sélectionneur adjoint auprès de Leekens, Giresse et Benzarti, ainsi que comme sélectionneur olympique et des U 17, sans oublier son passage à l’EST, au ST, au CAB et au Qatar en tant que premier entraîneur. À 53 ans, il est à un tournant de sa carrière d’entraîneur, et surtout, il sait ce que signifie travailler sous pression et jouer pour les titres. Un autre point en sa faveur est son penchant pour les jeunes joueurs qu’il aide à émerger.
Contrairement à Benzarti, Kanzari est un entraîneur qui croit en les jeunes, même dans les grands clubs qui, généralement, ne font confiance qu’aux joueurs aguerris. Avec les Abdelhak, Zouabi, Chouchene, Mrad, Laâbidi, Tayachi, Mokhtari, Jebali, Kanté, Tanago, il existe une pépinière de talents qui n’attend que d’être mise en avant.
Avec Benzarti, tous ces jeunes auraient été laissés de côté, sur le banc au mieux. Avec Kanzari, il y a de fortes chances qu’ils aient leur chance.
Quant à son étiquette EST, cela n’est pas nouveau dans le monde du football. Il est essentiel d’avancer et de ne pas rester enfermé dans le fanatisme aveugle, surtout pour une partie du public qui, bien que éclairée, raisonne parfois avec son instinct plutôt qu’avec sa raison. Kanzari est un entraîneur professionnel et il fera tout pour réussir.
L’EST est désormais pour lui un concurrent qu’il faudra battre. Il n’aura pas de sentiments de clémence ou d’affection pour son ancien club. C’est ainsi que fonctionne le professionnalisme. Ceux qui rejettent Kanzari parce qu’il vient de l’autre rive ne disent rien sur Faouzi Benzarti, qui les a « trahis » plus d’une fois en préférant l’argent. De plus, Benzarti a toujours cherché à entraîner l’EST et à se rapprocher de son président. Ceux qui ont travaillé avec lui savent qu’il traitait l’EST avec une énorme admiration. L’ère Kanzari commence, il est temps de l’aider à relever ce défi délicat.
