Violences sexuelles dans les conflits : Israël et Russie figurent sur la liste noire de l’ONU
Cette année, les forces de sécurité israéliennes et russes figurent sur la liste noire de l’ONU pour les violences sexuelles commises lors des conflits. Le rapport souligne une augmentation « nette » des violences sexuelles liées aux conflits en 2025 par rapport à 2024, marquées par une brutalité extrême ciblant en grande majorité les femmes et les filles.

Les horreurs de la guerre. La liste annuelle de l’ONU mentionne de nombreux groupes étatiques et non étatiques soupçonnés « de manière crédible » de s’être engagés « de façon systématique » dans des violences sexuelles, incluant des pays comme le Soudan, Haïti, la République démocratique du Congo, la Birmanie, la Syrie et le Mali.
Cette année, les forces de sécurité israéliennes et russes figurent désormais sur cette liste noire de l’ONU concernant les violences sexuelles en temps de conflit, en raison d’accusations formulées par des prisonniers.
Des mises en garde de l’ONU
En août dernier, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait averti Israël et la Russie de la possibilité de figurer sur cette liste. Néanmoins, malgré cet avertissement, « les incidents et caractéristiques de violences sexuelles continuent d’être signalés par les Nations unies » dans le cadre de la guerre en Ukraine et dans les territoires palestiniens occupés, selon le nouveau rapport consulté par l’AFP avant sa distribution aux membres du Conseil de sécurité. Par ailleurs, les inspecteurs de l’ONU continuent de faire face à un « refus d’accès persistant » de la part des autorités des deux pays.
S’agissant d’Israël, le rapport indique qu’en 2025, les violences sexuelles ciblant les Palestiniens détenus en Israël et dans les territoires occupés ont encore été documentées. Les cas vérifiés par l’ONU, bien que non « exhaustifs » en raison du manque d’accès aux centres de détention israéliens, reflètent des tendances sur plusieurs années. En 2025, l’ONU a confirmé plusieurs cas de violences sexuelles datant de 2023, « y compris sous la forme de torture », impliquant 14 hommes, 7 femmes, 9 garçons et une fille dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Ces violations comprennent viol avec objet, viol collectif, violence physique sur les parties génitales, nudité forcée et fouilles « sans raison de sécurité apparente ». Les auteurs de ces actes sont identifiés par l’ONU comme des membres de l’armée israélienne, des forces de sécurité et des services pénitentiaires israéliens.
Antonio Guterres mis hors-jeu par Israël
Israël a anticipé son inscription sur cette liste en dénonçant jeudi matin une décision « honteuse et absurde » d’Antonio Guterres, laquelle mettrait Israël et le Hamas (déjà sur la liste) sur le même plan. L’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon, a déclaré dans une vidéo publiée sur X : « Nous en avons fini avec ce secrétaire général », signifiant ainsi un « gel » des relations d’Israël avec le bureau d’Antonio Guterres jusqu’à la fin de son mandat, prévue le 31 décembre 2026.
Il a également rejeté les allégations de refus d’accès, affirmant que des représentants de l’ONU avaient été invités à enquêter en Israël, mais avaient « choisi de ne pas venir » et avaient préféré poursuivre « la campagne contre Israël ».
Pas mieux en Russie
Pour ce qui est de la Russie, le rapport souligne les violences sexuelles qui ont eu lieu dans les territoires ukrainiens occupés et en Russie, commises par les forces armées et les services pénitentiaires, notamment sur des prisonniers de guerre ayant témoigné après leur libération. D’après les données de la mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine, 310 cas de violences sexuelles liées au conflit ont été signalés, incluant des viols, mutilations génitales et chocs électriques, la majorité des victimes étant des hommes, sur une période allant de l’invasion russe en 2022 jusqu’à 2025.
Bien que l’Ukraine ne figure pas sur la liste, elle fait l’objet de critiques, le rapport évoquant 31 cas de violences sexuelles perpétrées par des forces de sécurité ukrainiennes, notamment contre des prisonniers de guerre. La plupart de ces cas se seraient produits avant 2025, selon le rapport, qui souligne que le gouvernement ukrainien a durci sa législation à ce sujet et a permis à l’ONU d’enquêter.
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D’une manière générale, le rapport fait état d’une augmentation « nette » des violences sexuelles liées aux conflits en 2025 par rapport à 2024, des violences « marquées par une brutalité extrême et ciblant en majorité les femmes et les filles ». Depuis 2023 et 2024, la Russie et Israël figurent respectivement sur une autre « liste de la honte » de l’ONU, largement médiatisée chaque année, concernant les violences à l’encontre des enfants en période de conflit (enfants tués, blessés, écoles attaquées…).

