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« Une deuxième famille » : Margaux, quatre ans dans une sororité américaine.

Margaux, une jeune femme de 28 ans, revient sur son parcours unique aux États-Unis, où elle a découvert le monde des sororités. Après avoir obtenu son baccalauréat, elle a décidé de traverser l’Atlantique pour rejoindre l’université de Syracuse, située dans l’État de New York. À 18 ans, elle s’est immergée dans un environnement académique et social très différent de celui qu’elle connaissait en France, notamment en intégrant une sororité, un phénomène emblématique des campus américains.

Dix ans après cette aventure, Margaux, désormais installée en région parisienne et active dans le secteur de la mode, partage son expérience, loin des stéréotypes souvent véhiculés par le cinéma. Dans un entretien accordé à 20 Minutes, elle évoque les défis et les joies de la vie en sororité.

Lorsqu’elle a envisagé de rejoindre une sororité, Margaux était initialement réticente, influencée par des idées préconçues sur ces organisations. Cependant, l’envie de se créer un réseau social sur un campus de 30 000 étudiants l’a poussée à franchir le pas. Dans les couloirs de son dortoir, les discussions autour des sororités étaient omniprésentes, et elle a ressenti le besoin d’en faire partie.

Elle a finalement choisi de rejoindre les Kappa Kappa Gamma, une sororité qui se distingue par sa diversité. Chaque chapitre de cette organisation, présent dans différentes universités américaines, possède ses propres caractéristiques. À Syracuse, Margaux a été séduite par l’ouverture d’esprit et la variété des origines de ses membres, avec des filles venant de pays comme le Brésil ou la Pologne.

Devenir membre d’une sororité, c’est entrer dans une nouvelle dynamique sociale. Margaux a ainsi intégré un groupe de 72 nouvelles amies, apprenant à connaître les valeurs et les traditions de Kappa Kappa Gamma. Ces associations, dont certaines existent depuis le XIXe siècle, sont ancrées dans des rituels qui se transmettent de génération en génération. Chaque sororité a ses couleurs, ses emblèmes et ses symboles, comme le hibou et la fleur de lys pour Kappa Kappa Gamma.

La vie quotidienne dans une sororité est structurée. Les membres paient une cotisation, et celles qui choisissent de vivre dans la maison doivent également s’acquitter d’un loyer. Margaux a vécu dans la maison de sa sororité pendant deux ans, partageant des chambres avec d’autres membres. Chaque dimanche, une assemblée générale, appelée « chapter », permet de discuter des sujets importants de la semaine.

Son engagement l’a amenée à devenir responsable du recrutement lors de sa dernière année. Chaque sororité dispose d’un comité exécutif, et Margaux a pu participer à la gestion de divers aspects de la vie de la sororité, tout en respectant des règles strictes, comme l’interdiction de l’alcool dans la maison.

Le processus de recrutement est un moment crucial et démocratique, où chaque membre a son mot à dire. Les aspirantes candidates classent également leurs préférences, ce qui rend le processus complexe et exigeant. Margaux souligne que la vie en sororité ne se résume pas à des fêtes, mais qu’elle permet de se sentir partie intégrante d’une communauté engagée, notamment dans des actions philanthropiques.

Elle note que, bien que les réseaux sociaux aient transformé la dynamique des sororités, avec l’émergence de TikTok et des sponsors, les valeurs fondamentales demeurent. Les sororités continuent d’être liées à des causes caritatives, et Margaux se souvient de l’engagement de Kappa Kappa Gamma pour l’alphabétisation dans les zones défavorisées.

Aujourd’hui, Margaux reste connectée à sa sororité, qui représente pour elle une seconde famille. Les liens qu’elle a tissés durant ces années sont toujours présents, et elle se réjouit de voir ses amies américaines participer à son mariage. Pour elle, ces années passées dans sa sororité ont été parmi les plus enrichissantes de sa vie.