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Tunisie : Sihem Bensedrine condamnée à 25 ans de prison pour ses actions

La militante tunisienne des droits humains Sihem Bensedrine a annoncé avoir été condamnée à vingt-cinq ans de prison dans des affaires liées à la justice transitionnelle. Selon la fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ces poursuites « s’inscrivent dans une remise en cause plus large des mécanismes de justice transitionnelle ».


Elle est l’une des figures de l’opposition les plus en vue du pays. Ce vendredi, la militante tunisienne des droits humains Sihem Bensedrine a annoncé avoir été condamnée à vingt-cinq ans de prison dans des affaires liées à la justice transitionnelle. Ces procédures visent à revenir sur « des exactions massives commises dans le passé, en vue d’établir les responsabilités, de rendre la justice et de permettre la réconciliation », selon les Nations Unies.

« Bien entendu, c’est une décision qui n’a rien à voir avec la justice. Elle a à voir avec un régime totalitaire qui veut éliminer l’héritage de l’IVD », a déclaré Sihem Bensedrine, en référence à l’« Instance vérité et dignité », créée après la révolution de 2011 pour établir la vérité sur les violations des droits humains perpétrées par l’État tunisien entre 1955 et 2013, dont elle a été la présidente. À ce titre, elle avait auditionné des milliers de victimes des périodes Bourguiba (1957-1987) et Ben Ali (1987-2011).

La justice poursuivait principalement l’ancienne journaliste pour des soupçons de falsification d’une partie du rapport final de cette instance.

Selon la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ces poursuites « s’inscrivent dans une remise en cause plus large des mécanismes de justice transitionnelle ». « En visant d’anciens membres de l’IVD, les autorités tunisiennes cherchent à fragiliser les travaux de l’Instance, mise en place pour garantir les droits à la vérité, à la justice et à la réparation », a déclaré l’organisation.

La mission d’observation de la FIDH qui suit le dossier a relevé plusieurs éléments préoccupants concernant le respect des garanties d’un procès équitable. « La date de l’audience, fixée au 18 juin 2026, coïncidait avec une journée de grève générale des avocats, annoncée publiquement par le Barreau dès le 13 mai 2026. Dans ce contexte, la tenue de l’audience a porté atteinte à l’exercice effectif des droits de la défense, garantis par le droit tunisien », a ajouté l’organisation sur son site.

La mission a également constaté la mise en place d’un contrôle abusif à l’entrée du tribunal, avec la police filtrant l’accès à une audience pourtant publique. « La salle d’audience était clairsemée. On a compris pourquoi en voyant la police à l’extérieur qui filtre et demande les cartes d’identité », a déclaré Alexis Deswaef, président de la FIDH et observateur lors de l’audience. Aucun journaliste n’était non plus présent lors de l’audience.