Tunisie : une « licence premium » pour ne pas attirer les investisseurs
Le plan de développement 2026-2030 vise un taux de croissance annuel moyen de 4,2 % sur la période, avec un objectif atteignant 5 % à l’horizon 2030. La stratégie PME, actuellement prête à être examinée en conseil ministériel, repose sur cinq objectifs stratégiques, dont le renforcement de la création d’opportunités économiques et l’amélioration de l’accès au financement.
Le plan de développement 2026-2030 prévoit un taux de croissance annuel moyen de 4,2 % durant cette période, avec un objectif atteignant 5 % d’ici 2030, comme l’a annoncé le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh.
Lors de la 22e édition du Forum de l’investissement (TIF), qui s’est tenu les 25 et 26 juin 2026 à Tunis, le ministre a souligné que cet objectif, bien qu’ambitieux, est réalisable compte tenu du potentiel de l’économie tunisienne.
Il a précisé que le plan s’articule autour de grandes orientations traduites en politiques économiques, elles-mêmes concrétisées à travers des projets sur le terrain. Ces orientations reposent sur plusieurs axes principaux, notamment le développement social inclusif et équitable, l’équilibre territorial, la modernisation de l’économie et des infrastructures, ainsi que la sécurisation des ressources énergétiques, hydriques et alimentaires.
Le plan met également l’accent sur la protection de l’environnement, la modernisation du cadre institutionnel et le renforcement de l’efficacité du service public.
Dans ce cadre, le ministère de l’Économie et de la Planification a engagé plusieurs réformes, y compris la révision du Code de l’investissement et l’élaboration d’une stratégie spécifique pour les PME. Un avant-projet du nouveau Code de l’investissement a déjà été finalisé et est actuellement soumis à l’examen des différents départements ministériels.
Les principales orientations de ce nouveau texte visent à garantir la liberté d’investissement, avec la création envisagée d’une « licence premium » pour certaines catégories de projets, et à réformer la gouvernance de l’investissement. Cela comprend notamment le regroupement des structures d’appui au sein d’une agence unique, qui deviendrait le point d’entrée principal pour les investisseurs.
Le projet introduit également un système reliant les incitations financières à la performance et aux résultats, ainsi qu’une procédure claire et progressive pour le règlement des litiges entre investisseurs et l’État.
Concernant la stratégie PME, le ministre a indiqué que l’avant-projet a été soumis à consultation auprès de l’écosystème concerné et qu’il est prêt à être examiné en conseil ministériel en vue de son adoption.
Cette stratégie vise à faire émerger un tissu de PME performantes, innovantes et responsables, capables de générer des opportunités économiques et de contribuer à une croissance durable et mieux partagée.
Elle repose sur cinq objectifs stratégiques : renforcer la création d’opportunités économiques, promouvoir un développement régional équilibré, stimuler l’innovation et la digitalisation, améliorer la qualité de l’emploi et du capital humain, et accélérer la transition vers des modèles économiques responsables.
Ces objectifs seront déployés à travers six piliers : la modernisation de l’environnement des PME, l’amélioration de l’accès au financement, l’ouverture aux marchés et aux opportunités économiques, le soutien à l’innovation et à la montée en gamme, l’accompagnement de la transition écologique et le renforcement de la résilience, ainsi que l’appui à l’internationalisation des PME.
Enfin, l’ensemble du dispositif repose sur une base transversale de gouvernance et de coordination des politiques publiques en faveur des PME, a conclu le ministre.
