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Macron en Suède ce lundi pour signer une commande de frégates

Le président français, Emmanuel Macron, se rend ce lundi à Stockholm pour formaliser la commande de frégates françaises par la Suède, un contrat s’élevant à 4,3 milliards d’euros. Aux côtés du Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, cette visite symbolise une avancée significative dans les relations bilatérales entre les deux pays, visant à renforcer la défense européenne et l’OTAN, conformément à la volonté du président Macron de promouvoir une « souveraineté européenne ».

Cette opération s’inscrit dans le cadre de l’effort de réarmement de la Suède, amorcé après le début du conflit en Ukraine et son adhésion à l’OTAN. En mai, la Suède avait déjà annoncé l’acquisition de quatre frégates de défense et d’intervention (FDI) auprès de Naval Group, avec une première livraison attendue pour 2030. La signature officielle du contrat se déroulera à 16h30 à bord de la nouvelle frégate Amiral Ronarc’h.

En plus de la signature du contrat, Emmanuel Macron et Ulf Kristersson auront un entretien privé à bord du navire. Par la suite, le président français sera reçu par le roi Carl XVI Gustaf et la princesse héritière Victoria au Palais royal. Ce contrat fait suite à un précédent accord en décembre, où la France avait vendu deux avions de surveillance aérienne Global Eye à Saab pour plus d’un milliard d’euros.

Cette cérémonie de signature intervient à un moment stratégique, alors que les élections législatives suédoises approchent, prévues pour le 13 septembre. Les sondages ne placent pas la coalition de droite d’Ulf Kristersson, soutenue par le parti Démocrates de Suède, en position favorable.

Lors de cet événement, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, et son homologue suédois, Pål Jonson, signeront également un accord-cadre visant à renforcer la coopération en matière de défense, englobant les aspects opérationnels, capacitaires et industriels liés à l’acquisition des frégates.

Parallèlement, la Suède a intégré la dissuasion nucléaire avancée proposée par Emmanuel Macron à huit pays européens le 2 mars, renforçant ainsi la défense collective face à un partenaire américain de plus en plus imprévisible. Le 23 avril, les deux nations ont tenu leur premier groupe de pilotage nucléaire à Paris, présidé conjointement par l’Élysée et le cabinet du Premier ministre suédois. L’Allemagne a également annoncé sa participation à des exercices nucléaires français dès cette année.

La Marine française, de son côté, participe régulièrement à des déploiements dans les mers du Nord, où la présence russe est préoccupante. De plus, la France contribuera aux forces terrestres avancées de l’OTAN en Finlande, sous commandement suédois, pour renforcer les capacités de dissuasion de l’Alliance face à la menace russe.

Les frégates FDI, mesurant 122 mètres et pesant 4 500 tonnes, sont conçues pour contrer diverses menaces, qu’elles soient terrestres, aériennes, sous-marines, asymétriques ou cybernétiques. Elles sont équipées pour déployer des forces spéciales ainsi que des drones, et disposent de systèmes d’armement avancés, incluant des missiles anti-missiles balistiques Aster 30 et des torpilles anti-sous-marines.

À travers cette initiative, la France cherche à accroître l’attrait de son industrie de défense en Europe, face à des concurrents comme les États-Unis, alors que les nations de l’OTAN intensifient leurs investissements dans ce secteur à la lumière des leçons tirées du conflit en Ukraine. La FDI a déjà trouvé preneur auprès de la Grèce pour quatre unités, tandis que la Norvège a opté pour des frégates britanniques en 2025.

Après son passage en Suède, Emmanuel Macron poursuivra sa « rentrée européenne » avec des visites aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, où il rencontrera le nouveau Premier ministre Andy Burnham pour la première fois.