Liban : Israël ne cesse pas ses frappes dans le sud malgré la trêve prolongée
L’armée israélienne mène une série de frappes sur le sud du Liban, élargissant le champ des bombardements pour inclure plusieurs villages de la région de Saïda, comme Bayssariyé, à plus de 50 km au nord de la frontière. Depuis le 17 avril, plus de 400 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes au Liban, d’après un décompte de l’AFP fondé sur des chiffres officiels.

« De quelle trêve parlent-ils ? » Malgré l’annonce faite vendredi soir concernant la prolongation de la trêve entre Israël et le Liban, l’État hébreu a mené, ce samedi, une série de frappes dans le sud du Liban. L’armée israélienne a élargi le champ des bombardements pour inclure plusieurs villages situés dans la région de Saïda, tels que Bayssariyé, qui se trouve à plus de 50 km au nord de la frontière.
Ces frappes, selon l’armée israélienne, visent « des infrastructures du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban » et ont été précédées d’un ordre d’évacuation pour neuf villages. De son côté, l’Agence nationale d’information libanaise (Ani), organe officiel, a confirmé cette série de frappes, qu’elle a associée à un exode des habitants.
« Où est l’État ? »
« Ce n’est pas une trêve puisque les agressions israéliennes continuent sur le sud et ses habitants […] Il y a des martyrs, des blessés et des destructions », a déclaré à l’AFP Ali Salamé. Cet homme de 60 ans a dû quitter le sud et s’est réfugié dans une école de Beyrouth transformée en centre d’accueil pour les déplacés.
« De quelle trêve parlent-ils alors qu’ils viennent de menacer les villages et que les gens s’enfuient ? Où est l’État ? Nous sommes avec la Résistance et c’est tout », affirme Nawal Mezher, elle aussi déplacée du village de Babiliyé dans le sud, en référence au Hezbollah, mouvement pro-iranien, ennemi d’Israël. Depuis le 17 avril, date d’entrée en vigueur de la trêve entre les deux pays, plus de 400 personnes ont été tuées lors des frappes israéliennes au Liban, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres officiels.
Vendredi, six personnes ont été tuées, dont trois secouristes du Comité islamique de santé, affilié au mouvement pro-iranien, selon le ministère de la Santé. À Tyr, une ville millénaire, 37 personnes ont été blessées vendredi soir dans des frappes sur une zone résidentielle, précédées d’ordres d’évacuation.
Un correspondant de l’AFP a observé d’importantes destructions sur le site visé, à proximité des ruines antiques de la ville côtière. « Ils ont détruit le quartier tout entier », s’est désolé Ibrahim Kahwaji, un tailleur dont la boutique se trouve dans le secteur et qui a été blessé à la jambe. « Ils vident le sud de sa population […] c’est une véritable occupation, nous voulons une solution ».
Pourparlers
Malgré cela, Israël et le Liban ont achevé vendredi à Washington une troisième session de négociations, les premières depuis des décennies entre les deux pays, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques. Le Hezbollah s’oppose à ces pourparlers, qui portent notamment sur la question délicate du désarmement de la formation chiite. Ce dernier continue de revendiquer des attaques contre l’armée israélienne, qui occupe une partie du sud du pays, ainsi que, de manière sporadique, contre le nord d’Israël.
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Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l’Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. Près de 3.000 personnes ont été tuées et plus d’un million ont été déplacées depuis, selon les chiffres officiels.

