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Eurovision : un chanteur et inventeur représente le Royaume-Uni

LOOK MOM NO COMPUTER, qui représente le Royaume-Uni en finale de l’Eurovision ce samedi avec la chanson Eins, Zwei, Drei, compose en ayant le moins recours possible aux ordinateurs. Son enfant a quatre semaines et il a rencontré des difficultés au début à cause du manque de sommeil, ce qui a causé des retards aux répétitions.

De notre envoyé spécial à Vienne (Autriche),

Sam Bartle se fait appeler LOOK MOM NO COMPUTER. Ce nom de scène agit comme un manifeste, puisque l’artiste, qui représente le Royaume-Uni lors de la finale de l’Eurovision ce samedi avec la chanson Eins, Zwei, Drei, privilégie une composition sans l’utilisation excessive d’ordinateurs. De plus, il crée ses propres instruments à partir de matériaux inhabituels, comme un orgue fabriqué à partir de peluches Furby…

Comment avez-vous été amené à représenter votre pays à l’Eurovision ?

En août dernier, j’étais au pub avec des amis et nous nous demandions si cela était difficile de participer à l’Eurovision. J’en ai parlé à ma manager, qui m’a répondu : « C’est drôle, parce que je t’imaginais bien à l’Eurovision, mais je ne t’en ai jamais parlé, pensant que ça ne t’intéressait pas. » Nous avons donc contacté la BBC, qui avait déjà lancé son processus de sélection, mais qui nous a proposé d’envoyer une chanson. Nous l’avons fait, une première version était prête en octobre, et apparemment, cela leur a plu, ce qui a entraîné un changement de leurs plans.

Votre chanson a une forte empreinte britannique. Votre accent par exemple, et j’ai pensé à Blur…

Je m’efforce de créer des chansons sans imiter qui que ce soit. Si nous faisons cela, nous nous éloignons de notre objectif. Je n’ai pas l’intention délibérée de sonner comme tel ou tel artiste. Cependant, ayant grandi avec la musique britannique des années 1990, cela influence naturellement mon style. Je ressens une forte identité britannique, un British idiot, qui écrit des chansons avec une touche d’allemand dans le refrain.

Étiez-vous d’abord un inventeur ou un musicien ?

J’ai commencé à faire de la musique vers l’âge de 12 ou 13 ans. Avant cela, je bricolais tout ce que je pouvais. Ensuite, je me suis concentré sur la musique et, après cinq ou six ans, j’ai commencé à combiner les deux.

Comment concevez-vous vos instruments ?

Chaque fois, le déclic est différent. L’idée peut naître d’une conversation ou d’une simple promenade où je me dis « ce serait intéressant de faire ça, est-ce que c’est réalisable ? » Le processus créatif est très agréable. Passer d’une idée à sa réalisation procure une montée de dopamine quand je commence à travailler, et même si cela se complique par moments, la satisfaction est immense quand j’arrive à un résultat.

Créez-vous des instruments spécifiquement pour obtenir le son souhaité, ou composez-vous avec le son que vous avez ?

Je fais avec ce que j’ai. Je ne suis pas perfectionniste. La quête de la perfection s’oppose à la productivité. La beauté réside dans les imperfections et les aléas.

L’Eurovision est un cadre très structuré, avec des règles strictes et des horaires à respecter. Est-ce un défi pour vous ?

Il y a un manque de spontanéité, mais cela ne me dérange pas !

Quel message souhaitez-vous délivrer au public durant vos trois minutes sur scène ?

Un peu de plaisir, une insouciance presque enfantine. Il y a une petite prise de risque. J’espère juste chanter juste.

Vous n’êtes pas sûr de chanter juste ?

Je sais que je peux chanter juste, mais il y a des moments de risque parce que j’aime bouger beaucoup. Je fais du vélo d’appartement pour m’entraîner.

Vous êtes devenu père récemment. Réussissez-vous à concilier votre préparation pour l’Eurovision et les joies de la paternité ?

Mon enfant a quatre semaines. Au début, cela a été difficile à cause du manque de sommeil. Il m’est arrivé de ne pas entendre mon réveil et d’arriver en retard aux répétitions. Cependant, les gens sont compréhensifs, donc cela se passe plutôt bien. Ce n’est pas facile, il y a beaucoup de choses à gérer, mais c’est chouette. La vie est complexe. Si elle ne l’est pas, c’est que vous ne faites pas les choses correctement.