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Dormez assez, mais pas trop : étude sur le temps de sommeil idéal.

Une étude internationale publiée dans la revue Nature révèle qu’une durée de sommeil comprise entre 6h24 et 7h48 par nuit est associée à un vieillissement biologique plus lent et permet de réduire le risque de maladies chroniques et de mortalité prématurée. Les chercheurs ont analysé les données de près de 500.000 participants à la base de données britannique UK Biobank pour établir un lien entre sommeil et vieillissement.


Le conseil est bien connu : pour rester en bonne santé, il est crucial de dormir suffisamment. Toutefois, une étude internationale publiée ce mercredi dans la revue Nature met en lumière qu’un sommeil excessif peut également avoir des effets néfastes. Les chercheurs indiquent qu’une durée de sommeil comprise entre 6 et 8 heures par nuit – soit précisément entre 6h24 et 7h48 – est liée à un vieillissement biologique retardé et contribue à diminuer le risque de maladies chroniques ainsi que la mortalité prématurée.

Ainsi, les individus qui dorment régulièrement moins de six heures ou plus de huit heures présentent, en moyenne, des signes de vieillissement accéléré de leur corps.

Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe de recherche a analysé les données de près de 500 000 participants provenant de la base de données britannique UK Biobank. Ces données ont été intégrées dans des modèles appelés « horloges de vieillissement biologique ». Ces outils statistiques estiment le rythme de vieillissement d’une personne par rapport à son âge chronologique en se basant sur des informations biologiques, notamment des images cérébrales, des protéines sanguines et différents marqueurs chimiques.

### Presque tous les organes impactés

L’étude a permis de générer 23 horloges biologiques, qui tiennent compte des heures de sommeil ainsi que d’indicateurs de santé liés à divers organes (cerveau, poumons, foie, pancréas, système immunitaire, peau…). Une courbe en forme de U en ressort : ceux qui dorment entre 6h24 et 7h48 affichent de meilleures conditions de santé comparés à ceux qui dorment trop ou trop peu.

De plus, l’étude révèle que les effets du sommeil varient selon les organes. Par exemple, pour maintenir la santé du cœur, il est préférable de dormir environ 6 heures par nuit, tandis que le cerveau semble bénéficier d’environ 8 heures de sommeil. Ce dernier est particulièrement sensible au manque de sommeil.

Il est également à noter que la durée optimale de sommeil peut différer entre les sexes. Une femme désireuse de préserver la santé de son cerveau ou de son système pulmonaire, hépatique, immunitaire ou cutané devrait donc dormir 12 minutes de plus qu’un homme.

### Quelles conséquences sur la santé ?

Un vieillissement accéléré des organes entraîne-t-il des conséquences sur la santé ? L’étude indique que le manque de sommeil provoque des effets immédiats, tels que des troubles cérébraux, notamment la dépression et l’anxiété. En revanche, un sommeil plus long est davantage suggéré comme un indicateur de problèmes sous-jacents tels que la neurodégénérescence, les troubles métaboliques et l’inflammation chronique.

Les chercheurs notent également une augmentation des cas de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires, ainsi qu’une hausse de la mortalité toutes causes confondues chez les personnes souffrant de troubles du sommeil.

### Des résultats à nuancer

Les auteurs de l’étude précisent que la relation entre le sommeil et la santé est bidirectionnelle. Un mauvais sommeil peut accélérer le vieillissement, mais certaines maladies ou processus biologiques liés à l’âge peuvent aussi perturber le sommeil.

Ils soulignent la nécessité de recherches supplémentaires pour déterminer si un sommeil insuffisant accélère véritablement le vieillissement ou si des problèmes de santé sous-jacents peuvent également déranger les habitudes de sommeil. Des études futures devraient utiliser des mesures de sommeil plus variées et inclure des populations plus diversifiées.

Enfin, les résultats de l’étude ne permettent pas de conclure que le simple fait d’ajuster la durée de son sommeil suffira à ralentir le vieillissement ou à prévenir des maladies. Les chercheurs appellent à une approche plus globale du sommeil, qui peut être influencé par des facteurs comportementaux, environnementaux ou médicaux, et qui mérite d’être intégré dans les stratégies de prévention santé.