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L’Allemagne met fin aux subventions pour responsabiliser les énergies renouvelables.

Une pression allemande se fait-elle sentir ? « La transition énergétique, telle qu’elle a été menée jusqu’à présent, n’est pas efficiente en termes de coûts », déclare la ministre de l’Économie, Katherina Reiche. La conservatrice souhaite donc « responsabiliser davantage les énergies renouvelables », qui, grâce à des subventions publiques, ont connu une expansion qu’elle juge incontrôlée ces dernières années. Réduire les subventions accordées aux énergies renouvelables et désengorger le réseau électrique, tel est l’axe stratégique de l’Allemagne. Ce mercredi, Berlin a présenté deux réformes visant à rendre sa politique énergétique plus économe et « flexible », des mesures saluées par l’industrie mais critiquées par le secteur des énergies vertes et les ONG.

Lors d’une conférence de presse, la ministre a rappelé que l’État dépense entre 15 et 17 milliards d’euros chaque année pour soutenir les énergies renouvelables, des coûts qu’elle considère en « forte hausse ». Katherina Reiche a particulièrement ciblé les exploitants d’installations solaires et d’éoliennes, qui jusqu’à présent bénéficiaient d’une subvention garantie lorsqu’ils injectaient de l’électricité dans le réseau.

Les subventions pour le renouvelable ne seront-elles pas renouvelées ? « Les coûts sont actuellement supportés par la collectivité, que l’électricité soit nécessaire ou non », souligne-t-elle. À partir de maintenant, la subvention sera supprimée et les nouvelles installations devront vendre leur électricité directement sur le marché afin de mieux s’adapter à la demande. De plus, les aides pour les projets liés à l’hydrogène seront également supprimées. Par ailleurs, dans le cadre d’une autre réforme, Katherina Reiche souhaite synchroniser le développement des installations renouvelables avec le réseau de transport de l’électricité, qui nécessite une modernisation. La ministre envisage ainsi de créer des zones « à capacité limitée », où la construction de nouvelles installations renouvelables sera financièrement moins encouragée. Elle souligne que les coûts du « redispatching », qui consistent à transporter l’énergie majoritairement produite dans le Nord vers le Sud, sont également en hausse.

Les annonces faites aujourd’hui marquent un tournant par rapport à la politique de son prédécesseur écologiste Robert Habeck, en fonction de 2021 à 2025. Dans un communiqué, la fédération de l’industrie allemande (BDI) a salué « des impulsions importantes et depuis longtemps nécessaires en faveur d’un système énergétique efficace et compétitif ». En revanche, la fédération allemande des énergies renouvelables (BEE) exprime des inquiétudes quant à une éventuelle baisse de deux tiers de la demande pour les petites installations photovoltaïques.

Parallèlement, face aux problèmes d’intermittence des énergies renouvelables, Katherina Reiche souhaite stimuler la production et les importations de gaz en Allemagne. Des partis de gauche et des ONG dénoncent un conflit d’intérêts, la ministre ayant dirigé une filiale du fournisseur d’énergie E.ON, active dans le secteur gazier. Elle a néanmoins réaffirmé mercredi son engagement à atteindre l’objectif de produire 80 % de l’électricité du pays à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030.