France

Un jeune et sa mamie de 93 ans font du auto-stop en France depuis Metz.

À 93 ans, Thérèse affiche une énergie remarquable et n’hésite pas à se lancer dans l’aventure, même si l’idée de faire de l’auto-stop ne l’avait pas initialement séduite. Cela fait maintenant cinq jours qu’elle parcourt les routes, accompagnée de son petit-fils de 29 ans, Jules Riss, en faisant du stop. C’est d’ailleurs Jules qui a su la convaincre d’essayer cette expérience, car la nonagénaire avait des appréhensions concernant d’éventuelles rencontres désagréables. Pourtant, ce sont ces rencontres, avec un carton en main pour « indiquer sa destination », qui lui apportent aujourd’hui du bonheur. « Nous avons même été pris en side-car, pour la première fois », s’amuse-t-elle.

Accompagnée de sa grand-mère, que Jules décrit affectueusement comme « hyperactive, toujours positive, bavarde avec tout le monde et remuante », il s’est lancé dans un voyage de 2.000 km depuis Metz, débuté le 24 juillet. Bien qu’ils n’aient pas de programme précis, si ce n’est de passer impérativement par l’Ardèche et le Limousin, ils envisagent de terminer leur périple à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique), chez la nonagénaire. « Le premier jour, nous avons parcouru plus de 560 kilomètres entre Metz et Valence, et d’autres jours moins de 100 km pour visiter l’Ardèche. Il n’y a rien de prévu, c’est au fil des rencontres. »

À travers cette escapade, Jules et Thérèse souhaitent avant tout « partager du temps ensemble, parler de lien intergénérationnel », et se lancer un défi à une époque où les générations se croisent sans toujours se rencontrer. Pour Jules, l’auto-stop représente un moyen de « provoquer ces rencontres, à la découverte d’inconnus, d’histoires de vie et de moments de partage ». C’est également l’occasion de « faire passer un message : celui qu’il faut passer du temps avec ses grands-parents et qu’il n’y a pas d’âge pour oser ».

La cohabitation entre les deux voyageurs ne pose aucun problème. Bien que Jules sache que sa grand-mère n’a « jamais voyagé à la roots, en auto-stop », ils ont déjà effectué un premier voyage ensemble après le décès de son mari, Norbert, en 2022. Ce voyage avait pour but de passer des moments de qualité ensemble, et elle en avait été ravie, confie Jules. « Elle avait parcouru les routes de France avec Norbert, mais une région lui manquait, l’Ardèche. Je lui ai donc proposé de la découvrir autrement, à 93 ans, en faisant confiance aux personnes croisées sur la route. Et depuis, nous n’avons aucun regret, que des satisfactions ! C’est exceptionnel de vivre ça avec sa grand-mère. »

Est-ce un pari fou et risqué en ces temps de canicule ? « Nous avons déjà décalé le projet une première fois pour cette raison, et pendant ces cinq premiers jours, nous n’avons pas vraiment eu de souci à ce sujet », assure Jules. « Nous prenons toutes les précautions pour que Mamy se sente bien, nous faisons attention et nous nous arrêtons si nécessaire. Elle s’hydrate bien, je porte toujours son sac, elle a une casquette sur la tête, un petit ventilateur si besoin, et quand nous attendons une voiture, elle reste à l’ombre pendant que je reste au soleil. Nous prenons des voitures climatisées. » Sur le plan moral, le duo peut également compter sur le soutien de toute leur famille, qui leur envoie régulièrement des messages d’encouragement, « heureux de ces moments de partage ».

Pour Thérèse, l’auto-stop est une nouveauté, tandis que pour son petit-fils, réalisateur de documentaires et conférencier, c’est presque un mode de vie. Il a déjà parcouru 15.000 km en auto-stop entre Metz et Bangkok, une aventure qu’il a relatée dans son documentaire « (S) Top Départ ». Cette fois-ci, il partage la route en famille « pour un récit plus intime centré sur la transmission, le lien humain et le vieillissement positif ».