
Etats-Unis : l’assaillant de Salman Rushdie reconnu coupable de terrorisme, Iran, Hezbollah…
À Buffalo, dans l’État de New York, après une semaine de procès, le jury a mis seulement deux heures, mercredi, pour rendre son verdict concernant l’homme qui a poignardé l’écrivain Salman Rushdie en 2022 aux États-Unis. Hadi Matar a été déclaré coupable d’avoir commis « un acte de terrorisme » en raison de ses sympathies pour l’Iran et le Hezbollah libanais, ce qui pourrait lui valoir une peine de réclusion à perpétuité.
Déjà condamné à vingt-cinq ans de prison par la justice de l’État de New York en mai 2025 pour cette tentative de meurtre sur l’auteur âgé de 79 ans, Hadi Matar connaîtra sa peine le 3 novembre, a précisé le ministère américain de la Justice.
L’individu de 28 ans a été cette fois condamné au niveau fédéral pour « avoir tenté de fournir un soutien matériel au Hezbollah, classé comme une organisation terroriste étrangère, avoir commis un acte de terrorisme transcendant les frontières nationales et avoir fourni un soutien matériel à des terroristes ».
Pour l’accusation, l’agresseur a été motivé par la fatwa émise en 1989 par l’ayatollah Khomeini, alors dirigeant de la République islamique d’Iran, à l’encontre de l’auteur des Versets sataniques, un texte qu’il considérait comme blasphématoire. Hadi Matar a également été critiqué pour son soutien au Hezbollah, un mouvement libanais pro-iranien reconnu comme organisation terroriste par les États-Unis.
Les procureurs ont soutenu que l’homme avait effectué des recherches et réalisé des vidéos sur cette fatwa. Des photos et du matériel liés au Hezbollah ont également été découverts chez Hadi Matar, qui utilisait un faux permis de conduire au nom d’une figure associée au mouvement.
Selon la défense de l’assaillant, celui-ci n’a jamais agi au nom d’une organisation terroriste, même s’il était animé par la colère envers l’écrivain en raison du caractère prétendument blasphématoire de son livre. Son avocat, Nathaniel Barone II, a annoncé son intention de faire appel, comme l’a rapporté le New York Times.
Devant le tribunal, Salman Rushdie a pris la parole pendant près d’une heure jeudi dernier pour évoquer son agression, survenue alors qu’il se préparait à intervenir lors d’une conférence sur la liberté d’expression à Chautauqua, dans l’État de New York, le 12 août 2022. Interrogé sur la possibilité que son agresseur l’ait attaqué pour exécuter la fatwa iranienne, l’écrivain, qui a failli perdre la vie et a perdu l’usage d’un œil, a déclaré : « Je n’en ai aucune certitude. J’ai mes soupçons ».
En 2024, l’écrivain a relaté cette attaque dans Le Couteau, un livre dans lequel il imagine de longues conversations avec Hadi Matar, qu’il désigne comme « l’Imbécile qui s’est imaginé des choses sur mon compte », dans le but de tenter de comprendre son acte.
