
Guerre en Ukraine : le « bouclier » antimissiles de neuf pays européens, France incluse
Neuf pays européens ont annoncé à Paris la création, avec Kiev, d’une coalition consacrée au développement de capacités antibalistiques. La France a également annoncé la livraison à Kiev de 16 avions de combat Rafale et de leurs armements, les premiers appareils « doivent voler dans les airs ukrainiens dès 2028-2029 ».
Une nouvelle coopération militaire vise à renforcer la protection de l’Ukraine contre les missiles balistiques russes. Lundi, neuf pays européens ont annoncé à Paris la formation, avec Kiev, d’une coalition dédiée au développement de capacités antibalistiques.
Cette initiative regroupe le Danemark, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Norvège, l’Espagne, la Suède, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, en plus de l’Ukraine. Elle a été présentée lors d’une réunion de la « coalition des volontaires », organisée par Emmanuel Macron en présence de Volodymyr Zelensky et d’une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement.
Les dix pays souhaitent mutualiser leurs ressources industrielles, scientifiques et militaires. L’objectif est de développer une capacité collective face aux missiles balistiques, alors que l’Ukraine réclame davantage de moyens de défense aérienne contre les attaques russes.
« En mettant en commun notre base industrielle de défense, notre recherche et notre expérience opérationnelle, notre objectif est de bâtir une capacité partagée contre les missiles balistiques pour l’Europe », déclarent les dirigeants dans une proclamation conjointe. Ils qualifient cette coopération de « purement défensive » et précisent que « cette action n’est orientée contre aucun peuple, mais en défense du nôtre ».
Le futur bouclier devra notamment s’appuyer sur Freya, un projet de défense contre les missiles balistiques développé par l’entreprise ukrainienne Fire Point. Ce projet est présenté comme une alternative moins coûteuse que le système Patriot américain ou que le missile Aster franco-italien.
Emmanuel Macron indique que Freya doit « permettre d’agréger une offre commune et d’accélérer en la matière la protection de l’Ukraine ». Volodymyr Zelensky a salué une « journée historique » et estime que les partenaires pourraient mettre au point ce missile antibalistique « dans les 12 mois à venir », avec un objectif de « production de masse » à « bas prix ».
La France a également annoncé la livraison à Kiev de 16 appareils de chasse Rafale et de leurs munitions. Emmanuel Macron a précisé que les premiers avions « doivent voler dans les airs ukrainiens dès 2028-2029 ». Paris prévoit également de fournir des radars et une « première série de batteries SAMP/T de nouvelle génération », conçues avec l’Italie.
Des bombes AASM, des missiles antiaériens Aster 30 et des missiles de croisière Scalp doivent aussi être produits sous licence en Ukraine. Ces annonces illustrent la volonté des 37 membres de la coalition des volontaires de soutenir Kiev « encore plus vite et plus fort ».
La force multinationale prévue pour intervenir en Ukraine après un cessez-le-feu doit commencer à s’entraîner dans les « pays voisins » au cours des « prochains mois ». Sa mission serait de dissuader la Russie de lancer une nouvelle offensive une fois les hostilités interrompues. Emmanuel Macron a néanmoins réaffirmé une « ligne claire de non-belligérance ».
Moscou a rejeté ces annonces. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a critiqué cette « coalition d’illuminés et de va-t-en-guerre », qui, selon lui, se berce d’« une profonde illusion quant à la possibilité d’infliger une défaite stratégique » à la Russie. Les pays réunis à Paris affirment, pour leur part, vouloir intensifier la pression sur le Kremlin afin de le contraindre à négocier.
