
Guerre au Moyen-Orient : Le conflit risque de s’étendre à la mer Rouge
Deux semaines après la reprise des hostilités avec les États-Unis, le conflit au Yémen risque de s’étendre à la mer Rouge. Alors que la République islamique d’Iran renforce son emprise sur le stratégique détroit d’Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, cherchent à perturber le trafic maritime en mer Rouge, en direction et en provenance des ports saoudiens. Cette situation rappelle les attaques de drones et de missiles menées par les Houthis lors de la guerre de Gaza.
Lundi, ils ont déclaré « un blocus maritime contre l’ennemi saoudien criminel », en référence à l’Arabie saoudite, alliée de Washington dans la région, « selon le principe œil pour œil, avec effet immédiat ». Le port saoudien de Yanbu, situé sur la mer Rouge, est crucial pour le royaume, lui permettant d’exporter son pétrole sans passer par le détroit d’Ormuz.
Cette annonce intervient après des échanges de tirs entre les deux camps au Yémen la semaine dernière, mettant en péril la trêve négociée en 2022, qui reste en vigueur malgré son expiration. Le 13 juillet, les Houthis avaient lancé des missiles et des drones sur l’aéroport international d’Abha, dans le sud de l’Arabie saoudite, en réponse à une attaque du gouvernement yéménite, soutenu par une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, contre l’aéroport de Sanaa, contrôlé par les rebelles.
Un blocus maritime pourrait accroître la pression sur l’économie saoudienne et les marchés mondiaux, en privant le royaume de l’accès à ses ports de la mer Rouge, essentiels pour contourner le détroit d’Ormuz. Les experts mettent également en garde contre le risque d’une perturbation de la circulation dans le détroit de Bab el-Mandeb, un passage stratégique situé à l’extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour atteindre le canal de Suez. « Une crise simultanée à Ormuz et à Bab el-Mandeb produirait un choc bien plus important que l’un ou l’autre blocus pris isolément », souligne Andreas Krieg, expert en sécurité au King’s College de Londres.
De son côté, le ministère des Affaires étrangères saoudien a fermement condamné les déclarations du porte-parole militaire des Houthis, qualifiant le groupe de « milice terroriste » et dénonçant l’imposition d’un blocus maritime. Riyad a également réaffirmé son soutien au peuple yéménite et à son gouvernement légitime.
« Même si aucun navire n’est attaqué, l’annonce risque à elle seule de perturber le trafic maritime et de semer le doute dans les ports saoudiens. La question cruciale reste de savoir si les Houthis passeront des menaces à l’action », indique Mohammed al-Basha, du cabinet de conseil en gestion des risques Basha Report. Pour Andreas Krieg, Téhéran pourrait inciter les Houthis à « préparer le front de Bab el-Mandeb », bien que le groupe rebelle conserve « une autonomie considérable ».
