Flottille pour Gaza : Israël ne garde pas les militants étrangers capturés en mer.
Les 430 membres d’équipage des bateaux de la « flottille pour Gaza » avaient été amenés de force en Israël après leur arraisonnement par l’armée israélienne en Méditerranée. Selon l’organisation Adalah, ils ont été transférés vers l’aéroport de Ramon avant d’être expulsés, et les 37 ressortissants français seront pris en charge à leur arrivée à Istanbul par l’ambassade de France pour un rapatriement dès que possible.

Les environ 430 membres d’équipage des cinquante bateaux de la « flottille pour Gaza », interceptée lundi par l’armée israélienne en Méditerranée, à l’ouest de Chypre, ont été contraints de rejoindre Israël. Ils sont depuis détenus à la prison de Ktziot, dans le sud, selon l’organisation israélienne de défense des droits de l’Homme, Adalah, qui assure leur représentation légale et leur défense. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Oren Marmorstein, a déclaré que « tous avaient été expulsés » sans préciser s’ils avaient été jugés.
Mercredi soir, Adalah avait informé qu’ils devaient être présentés en vue d’une expulsion, mais Moatassem Zeidan, un porte-parole de l’organisation, a affirmé qu’ils ne seraient finalement « pas présentés devant les tribunaux ». D’après cette source, ils ont été transférés vers l’aéroport de Ramon avant leur expulsion.
Les Français transiteront par Istanbul
Les militants égyptiens et jordaniens ont été renvoyés respectivement vers Taba et Aqaba, près des frontières avec Israël. La Turquie a annoncé trois vols spéciaux au départ de Ramon mercredi pour rapatrier ses citoyens, soit 78 militants, ainsi que ceux des pays tiers.
Les 37 citoyens français ont également été expulsés par ces vols et seront pris en charge à leur arrivée à Istanbul par l’ambassade de France pour un rapatriement dans les plus brefs délais, a précisé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, Pascal Confavreux, lors d’une conférence de presse.
« Partisans terroristes du Hamas »
« Israël a pleinement le droit d’empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d’entrer dans nos eaux territoriales et d’atteindre Gaza », a indiqué le Premier ministre Benyamin Netanyahou, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a déclenché la guerre en lançant une attaque sans précédent sur Israël le 7 octobre 2023. Cependant, une vidéo publiée mercredi a tout changé. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite, a suscité un tollé à l’étranger et au sein de son propre gouvernement, en diffusant une vidéo montrant des dizaines de militants agenouillés avec les mains liées. Une jeune femme qui crie « Libérez la Palestine » lors du passage du ministre est poussée violemment vers le sol par les services de sécurité. « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous », déclare-t-il triomphalement dans cette vidéo diffusée sur sa chaîne Telegram.
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Les images diffusées sont « pas conformes aux valeurs d’Israël », a déclaré le chef de la diplomatie, Gideon Saar, accusant Itamar Ben Gvir d’avoir « sciemment nui » à l’image du pays avec « ce spectacle honteux ». L’intéressé a rétorqué que c’était « une grande source de fierté ». Les réactions, notamment de pays ayant des ressortissants arrêtés, sont rapidement arrivées. Rome a jugé le traitement réservé aux détenus « inadmissible » et a exigé « des excuses », demandant jeudi à l’Union européenne d’imposer des sanctions contre le ministre Ben Gvir. En Pologne, le ministre des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a exprimé son souhait de le déclarer persona non grata, suite à la convocation du chargé d’affaires israélien.

