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États-Unis : Trump renforce son contrôle sur le Parti républicain avant les « Midterms »

Les électeurs républicains du Kentucky ont confirmé la mainmise de Donald Trump sur son parti en évincant le député dissident Thomas Massie lors des primaires. Thomas Massie, député conservateur de 55 ans, a été battu par Ed Gallrein, selon NBC et CNN.


C’est une victoire pour le président américain. Ce mardi, les électeurs républicains du Kentucky ont confirmé l’emprise de Donald Trump sur son parti en évinçant le député dissident Thomas Massie, à quelques mois d’élections de mi-mandat très incertaines.

Les citoyens de cet État du centre-est des États-Unis étaient appelés à élire les candidats républicains et démocrates pour les élections de novembre, qui détermineront le contrôle du Congrès et les perspectives du second mandat de Donald Trump.

Un député jugé déloyal

Dans la primaire républicaine pour la quatrième circonscription du Kentucky, Thomas Massie, député conservateur de 55 ans, a été battu par Ed Gallrein, agriculteur et ancien membre des forces spéciales de la marine américaine, selon NBC et CNN.

« C’était un mauvais gars, il méritait sa défaite », a déclaré Donald Trump à propos de celui qu’il a qualifié, pendant la campagne, de « crétin » déloyal, « cinglé » et « gros dégueulasse ».

Thomas Massie a reconnu la défaite peu après la clôture des bureaux de vote. « Ils ont décidé d’acheter le siège », a-t-il ironisé. Donald Trump a déployé de nombreux efforts ces dernières semaines pour faire élire Ed Gallrein et écarter l’élu sortant, perçu comme insuffisamment fidèle. « Thomas Massie est un député calamiteux », a lancé le président de 79 ans mardi avant les résultats. « Je pense que c’est un démocrate en fait ».

Trump pèse de tout son poids sur les primaires

Cette victoire d’un pro-Trump s’ajoute à une liste qui ne cesse de s’allonger. En Géorgie (sud-est), les républicains doivent désigner leur candidat en novembre face à Jon Ossoff, le seul sénateur démocrate sortant dans un État remporté par Donald Trump en 2024.

Le même État votait aussi pour deux sièges à la Cour suprême de l’État, majoritairement conservatrice. Brad Raffensperger a perdu : il avait contesté l’idée selon laquelle Donald Trump avait gagné l’État lors de sa défaite nationale de 2020 face à Joe Biden.

Dans l’Indiana, État conservateur du Midwest, le locataire de la Maison-Blanche a également réussi à faire perdre la plupart des élus républicains du Parlement local qui avaient osé rejeter ses exigences de redécoupage électoral.

En Louisiane, un autre État conservateur du Sud, le sénateur Bill Cassidy a constaté à ses dépens qu’un écart pouvait poursuivre un élu durant des années. Après avoir voté en 2021 pour la destitution de Donald Trump après l’assaut du Capitole, Bill Cassidy a subi cette année une campagne incessante de Donald Trump contre lui. En conséquence, il n’a pas réussi à se qualifier pour le second tour des primaires, un revers sans précédent pour un sénateur sortant.

Campagne de vengeance

De son côté, Thomas Massie défend une fidélité à ses idées, très à droite, plutôt qu’à une figure. Il a coécrit la loi qui a contraint l’an dernier le gouvernement Trump à rendre publics des documents du dossier Epstein. Plus récemment, il a proposé une résolution visant à mettre fin à la guerre contre l’Iran.

Ce sont autant d’actes de défiance inacceptables pour le président, qui s’est engagé dans une campagne de vengeance pour faire perdre les républicains qui ont osé s’opposer à lui. Lundi, il a envoyé au Kentucky son ministre de la Défense Pete Hegseth pour soutenir Ed Gallrein. Un geste inhabituel pour un ministre en fonction.

Selon les médias américains, jamais autant d’argent, soit 32 millions de dollars, n’a été investi dans une campagne de primaire dans l’histoire des États-Unis. Ce scrutin local s’est donc transformé en test national de loyauté envers Donald Trump malgré la guerre, l’inflation et la chute de sa popularité.

Bien qu’il ait parfois contesté certaines positions de Donald Trump au Congrès, Thomas Massie a néanmoins voté à 90 % en faveur de celui-ci depuis le début de son second mandat. Il a souligné mardi sur la chaîne Fox News qu’il n’était pas « candidat contre » lui et qu’il bénéficiait du soutien d’organisations anti-avortement et pro-armes. « Ne doutez jamais du président Trump et de sa puissance politique. Faites des conneries, vous allez voir », a résumé pour sa part le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Steven Cheung.