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Etats-Unis : Les accusations de fraude électorale de Trump ne sont pas fondées.

Donald Trump a dénoncé jeudi des « vulnérabilités choquantes » dans le système électoral et a laissé planer son intention de contester les résultats des élections cruciales de mi-mandat en novembre. Pékin a catégoriquement démenti vendredi les allégations formulées par la partie américaine, les qualifiant de « pures inventions et des calomnies malveillantes ».


Donald Trump prépare déjà sa contestation des prochaines élections. Le président américain a dénoncé ce jeudi des « vulnérabilités choquantes » dans le système électoral, en accusant notamment la Chine dans une allocution marquante où il a évoqué son intention de contester les résultats des élections cruciales de mi-mandat qui auront lieu en novembre.

Lors de ce discours de 25 minutes, le président a critiqué les « bureaucrates véreux » et a réaffirmé ses accusations – non prouvées – selon lesquelles l’élection présidentielle de 2020 aurait été entachée par une fraude massive au bénéfice de Joe Biden. « Nous ne pouvons plus jamais assister à une nouvelle élection volée », a-t-il déclaré.

Un système électoral sous le feu des critiques

Le républicain n’a jamais fourni de preuves d’irrégularités à grande échelle, et de nombreux experts, instituts indépendants et décisions judiciaires ont conclu à l’absence de fraude susceptible d’influencer les résultats.

Cependant, pour Donald Trump, des documents qu’il envisage de déclassifier « montrent que, sur plusieurs années, à partir de l’élection de 2020, la Chine a mené ce qui semble être la plus grande opération de piratage de données électorales de l’Histoire, permettant à la Chine d’obtenir illicitement 220 millions de fichiers d’électeurs américains », a-t-il précisé.

Pékin dément en bloc

Pékin a catégoriquement rejeté ces accusations vendredi. « Les allégations de la partie américaine ne sont que des inventions pures et des calomnies malveillantes », a déclaré Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. « La Chine n’a aucun intérêt pour les élections américaines », a-t-il ajouté.

Ces fichiers sont d’ailleurs largement disponibles au public. Même s’ils avaient été téléchargés illégalement, cela « n’aurait en aucune manière compromis » les résultats de l’élection, a précisé Stephen Richer du Cato Institute, un cercle de réflexion conservateur.

Des accusations jugées sans fondement

Rick Hasen, expert en droit électoral à l’université de Californie à Los Angeles, a estimé que les déclarations du président lors de son discours proposaient « les mêmes vieilles affirmations infondées et étonnamment faibles sur la vulnérabilité du processus électoral américain ». Donald Trump « n’a même pas tenté de prouver qu’un seul faux électeur a voté lors de l’élection de 2020, ou qu’une seule machine électorale a été truquée », a-t-il souligné sur son blog.

Avant son discours, Donald Trump avait promis une annonce « très forte ». Ses opposants craignaient surtout que cette allocution n’entraîne un discrédit général sur le système électoral, afin de pouvoir mettre en doute, en novembre, les résultats des élections de mi-mandat, qui semblent difficiles pour les républicains.

Un risque de destitution pour Trump

Le milliardaire, qui n’a jamais accepté sa défaite face à Joe Biden en 2020, a accusé ces derniers mois les démocrates de tenter de truquer les élections de novembre, alors que les républicains pourraient perdre leur fragile majorité au Congrès.

Donald Trump est conscient qu’une telle situation pourrait entraîner une troisième procédure de destitution initiée par les démocrates, après qu’il ait échappé à deux tentatives durant son premier mandat, dont une pour « incitation à l’insurrection » suite à l’assaut du Capitole par ses partisans le 6 janvier 2021. « Trump essaie de semer le chaos et de subvertir les élections », a déclaré le leader démocrate Chuck Schumer.