
Espagne : Licenciement d’une employée des pompes funèbres pour invitation à observer un corps
Une employée d’une entreprise de pompes funèbres a été licenciée pour avoir permis à des proches de l’accompagner sur son lieu de travail, une décision récemment validée par la Haute Cour de justice de Castille-La Manche, après une longue procédure judiciaire. Selon le site Noticias Trabajo, cette affaire a suscité un débat autour des pratiques au sein de ce secteur sensible.
En septembre 2024, la femme avait invité sa sœur et une amie à la morgue où elle était chargée de préparer un corps en vue des obsèques. Au cours de cette opération, qui comprend des gestes tels que la toilette mortuaire, l’habillage et le maquillage, elle a également procédé à l’évacuation des fluides corporels et à l’étiquetage du défunt.
Le lendemain, un autre proche a tenté de la suivre durant son service. Elle lui a permis d’accéder à un corbillard et de pénétrer dans les locaux de l’entreprise, où il a revêtu l’uniforme des employés. Lorsque l’un de ses collègues a exprimé son étonnement, elle a prétendu qu’il s’agissait d’un stagiaire.
Peu après, ces incidents ont été portés à la connaissance de la direction. La salariée a été convoquée pour fournir des explications dans un délai de 24 heures, mais elle a nié les accusations, se déclarant victime de harcèlement de la part de ses supérieurs et collègues. Malgré ses contestations, l’entreprise a décidé de la licencier pour faute grave, décision qu’elle a contestée devant le tribunal de première instance de Ciudad Real. Son appel a été rejeté.
La Haute Cour a confirmé le jugement initial, précisant qu’un audit réalisé par l’entreprise n’avait révélé aucune preuve de harcèlement. Le tribunal a souligné que « l’introduction ou la tolérance de la présence de personnes non autorisées dans les opérations de préparation des défunts constitue un acte non seulement contraire aux règles et au mode de fonctionnement de l’entreprise elle-même, mais aussi une violation manifeste de la confiance placée dans le salarié ». Cette décision a donc entériné le licenciement de l’employée.
