
UE : Six pays, dont l’Allemagne, demandent une baisse des dépenses d’ici 2034
La question du budget de l’Union européenne pour la période 2028-2034 suscite des tensions au sein des États membres. En effet, six pays, dirigés par l’Allemagne, ont exprimé leurs préoccupations quant aux propositions de la Commission européenne, jugées excessives. Ces nations, qui contribuent de manière significative au budget européen, réclament une réduction des dépenses publiques de « centaines de milliards d’euros ». Cette demande a été formulée lors d’un communiqué commun, où l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède ont souligné la nécessité d’une discipline budgétaire renforcée, en opposition à des pays comme l’Italie, l’Espagne et la Pologne.
Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a ouvert une conférence de presse à Berlin en précisant que ces six pays financent environ 40 % du budget de l’UE. Il a critiqué les propositions de la Commission, qui s’élèvent à près de 2.000 milliards d’euros, soit une augmentation d’environ 60 % par rapport au budget actuel. « Nous ne sommes pas radins, mais ce genre de répartitions proposées par la Commission ne correspondent tout simplement pas à notre époque », a-t-il déclaré, alors que son parti fait face à des défis électoraux imminents.
Les pays dits « frugaux » insistent également sur la nécessité d’orienter davantage les dépenses vers la défense, en réponse à la menace croissante de la Russie. La dirigeante danoise, Mette Frederiksen, et son homologue finlandais, Petteri Orpo, ont souligné l’importance de renforcer la sécurité européenne face à l’agression russe, notamment depuis l’invasion de l’Ukraine. « Pour moi, la tâche la plus importante pour notre UE est de renforcer la sécurité européenne et de répondre aux préoccupations de nos populations », a affirmé Frederiksen, appelant à un soutien accru pour l’Ukraine.
Orpo, rappelant que la Finlande partage la plus longue frontière terrestre avec la Russie au sein de l’UE, a évoqué les défis concrets en matière de sécurité et d’infrastructures. Il a insisté sur le fait que le nouveau budget européen doit tenir compte de cette réalité.
En revanche, la position française diverge de celle des six pays. Lors d’un sommet en juin, Friedrich Merz s’était opposé au président Emmanuel Macron, qui prône le recours à l’emprunt pour financer le futur budget. Les dirigeants européens s’efforcent de trouver un consensus d’ici la fin de l’année, avec plusieurs sommets prévus à Bruxelles en octobre, novembre et décembre. L’objectif est d’agir avant les élections de 2027 dans plusieurs États membres, dont la France, où l’extrême droite pourrait avoir un impact significatif. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a d’ailleurs commencé une tournée des capitales de l’UE pour avancer sur ces discussions cruciales.
