
Espagne : le gouvernement suspend les expulsions jusqu’en 2030 après l’affaire Maricarmen
L’affaire Maricarmen, une retraitée de 87 ans expulsée de son appartement madrilène après près de 70 ans d’occupation, a servi de déclencheur à une nouvelle offensive du gouvernement espagnol sur le logement. À l’issue de négociations internes, l’exécutif a annoncé des mesures qui visent à freiner les expulsions et à renforcer la protection des locataires, dans un pays où la hausse des prix et la pression immobilière alimentent une forte contestation.
Une réponse politique après une forte mobilisation
Selon la source, l’expulsion de Maricarmen, intervenue le 23 septembre après le rachat de son appartement par une société immobilière, a suscité une vive indignation en Espagne. Dans ce contexte, le gouvernement a présenté deux textes qui doivent encore être adoptés par le Parlement. Ils prévoient une suspension des expulsions de logements jusqu’en 2030 ainsi qu’un renouvellement automatique des contrats de location.
Ces annonces ont été faites par la ministre de la Santé, Mónica García Gómez, sur le réseau X. Le texte précise que ces mesures ont été obtenues au terme de discussions difficiles au sein de la coalition au pouvoir. La portée exacte dépend donc encore du vote parlementaire, ce qui laisse une part d’incertitude sur leur entrée en vigueur et sur leur contenu final.
Ce que le gouvernement veut changer
Parmi les autres dispositions évoquées figure l’idée d’empêcher les fonds dits « vautours » d’acheter des logements. Le gouvernement souhaite aussi encadrer les locations saisonnières et la location de chambres. Ces orientations répondent aux critiques des manifestants, qui accusent certains investisseurs et les plateformes de courte durée de contribuer à la hausse des loyers et à la raréfaction des logements disponibles.
Le syndicat des locataires espagnols a salué ces annonces, en particulier la perspective de contrats de location à durée indéterminée. De son côté, le ministre de la Présidence, Félix Bolaños, a présenté l’accord comme une avancée favorable aux locataires et aux petits propriétaires, tout en le jugeant défavorable aux spéculateurs.
La Puerta del Sol au centre de la contestation
Depuis samedi, plusieurs centaines de personnes occupent une partie de la Puerta del Sol, à Madrid, pour dénoncer la spéculation immobilière et réclamer une protection plus forte des locataires. Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation du marché du logement en Espagne, où les locations touristiques de courte durée et les achats spéculatifs sont régulièrement mis en cause.
Dans le même temps, la situation personnelle de Maricarmen a évolué. Son avocate a annoncé qu’un accord avait été trouvé avec les propriétaires de l’appartement, ce qui lui permet de rentrer chez elle une semaine après son expulsion. La source ne précise pas les termes de cet accord, mais elle montre que la pression publique a eu un effet concret sur ce dossier.
Ce qu’il faut retenir
- Le gouvernement espagnol a annoncé une suspension des expulsions de logements jusqu’en 2030 et le renouvellement automatique des baux, mais ces mesures doivent encore être votées.
- L’affaire Maricarmen, expulsée à Madrid après le rachat de son logement, a provoqué une forte mobilisation et a pesé sur le débat politique.
- Les textes évoquent aussi l’encadrement des locations saisonnières, des locations de chambres et l’interdiction d’achat de logements par des fonds vautours.
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