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Ebola : Plus de 2.300 décès, l’épidémie la plus grave en RDC

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a atteint des proportions alarmantes, devenant la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays. Déclarée le 15 mai, cette flambée a déjà causé 2.325 décès sur 4.945 cas confirmés, surpassant les 2.300 morts de l’épidémie de 2018-2020, selon les autorités congolaises. En seulement trois mois, cette crise sanitaire a progressé à un rythme sans précédent, avec une personne décédant toutes les 30 minutes, comme l’a souligné le chef des affaires humanitaires de l’ONU.

L’absence de vaccins et de traitements spécifiques pour le variant Bundibugyo, responsable de cette épidémie, complique la situation. Les régions touchées, notamment dans le nord et l’est du pays, souffrent d’une infrastructure de santé fragile et d’une présence étatique limitée, rendant la riposte face à l’explosion des cas particulièrement difficile. Comparativement, la flambée actuelle a enregistré sept fois plus de cas et cinq fois plus de décès que durant les trois premiers mois de l’épidémie de 2014 en Afrique de l’Ouest.

Dix provinces sont désormais touchées par l’épidémie, qui a débuté dans l’Ituri et s’est étendue aux provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu, Tshopo, Haut-Uélé et Bas-Uélé. Le voisin ougandais a également signalé 20 cas confirmés et deux décès, mais a récemment annoncé qu’il n’y avait plus de malades sur son territoire.

Les organisations humanitaires soulignent que l’accès aux communautés est entravé par la présence de nombreux groupes armés dans les zones touchées. La riposte à l’épidémie est critiquée pour son manque d’organisation et sa lenteur, malgré l’engagement des organisations internationales. Des personnels de santé, notamment des infirmiers et des responsables d’enterrements sécurisés, ont exprimé leur mécontentement en grévant ou en manifestant pour obtenir le paiement de leurs primes.

Le Conseil international des infirmières a appelé les autorités congolaises à garantir une protection et une rémunération adéquates pour ces travailleurs de la santé. Par ailleurs, sur les 518 millions de dollars nécessaires pour le plan de préparation et de riposte lancé début juin par l’Africa CDC et l’OMS, seulement 264 millions de dollars ont été mobilisés jusqu’à présent. Plusieurs vaccins sont en phase d’essai pour lutter contre la souche virale actuelle.