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Donald Trump attaque (encore) les journalistes au gala de la presse aux États-Unis

Toujours en verve, Donald Trump a multiplié les attaques frontales vendredi 24 juillet lors de son retour au grand gala de la presse de Washington, réorganisé sous sécurité renforcée, trois mois après une tentative d’assassinat qui avait entraîné son évacuation dans le chaos. Dans son style habituel, le président américain a prononcé le discours qu’il n’avait pas pu délivrer lors de la fête du 25 avril, interrompue par une fusillade entre des agents fédéraux et un homme armé tentant de s’introduire dans la salle. Cole Allen, un Californien de 31 ans, est inculpé de quatre chefs d’accusation, dont la tentative d’assassinat du président des États-Unis et l’agression d’un agent fédéral avec une arme mortelle. Il a plaidé non coupable.

« Cet endroit est vraiment le plus grand groupe de personnes atteintes du syndrome de délire anti-Trump jamais rassemblé », a lancé Donald Trump, qui avait pourtant débuté son discours sur un ton conciliant. S’en prenant à des journalistes puis à ses rivaux démocrates, il a de nouveau évoqué un troisième mandat (pourtant interdit par la Constitution américaine), avant d’assurer qu’il ne faisait que « plaisanter ». Cela ne l’a pas empêché de porter une casquette « Trump 2028 », ni de partager son « intention de concourir pour un quatrième mandat de président des États-Unis », tout aussi anticonstitutionnel. Le président a conclu son discours d’une heure en exprimant son « immense respect » pour les journalistes présents, avant d’ajouter : « Quand je serai parti, vous serez tous fauchés ».

Donald Trump avait annoncé début juin avoir accepté une nouvelle invitation au dîner, qui réunit traditionnellement chaque année le gratin de la politique et des médias de la capitale américaine en smoking et robe longue. Il avait qualifié cette invitation de « très bonne nouvelle car nous ne pouvons pas laisser des cinglés changer notre mode de vie ».

Weijia Jiang, présidente de l’Association des correspondants de la Maison-Blanche (WHCA) qui organise le dîner, avait souligné que la reprogrammation avait été décidée pour ne pas laisser « un acte de violence avoir le dernier mot ».

Pour l’occasion, les rues alentour étaient bloquées quelques heures avant son discours, mais la sécurité à l’intérieur du bâtiment n’était pas particulièrement stricte, a constaté un journaliste de l’AFP sur place. Le lieu du dîner a changé, passant du Washington Hilton au Waldorf Astoria, un ancien hôtel de la galaxie Trump. Le dîner s’est également voulu beaucoup plus petit et « plus intime », selon les organisateurs.

Le gala de la presse d’avril était le premier auquel Donald Trump participait, durant ses deux mandats de président, reflétant ainsi son mépris pour les médias qu’il a qualifiés d’ « ennemis du peuple ». La suite de la soirée a conservé le même programme que sa devancière, avec une prestation du mentaliste Oz Pearlman, à laquelle s’est ajouté un hommage à l’agent du Secret Service blessé qui a contribué à neutraliser Cole Allen et au personnel du Hilton.

Le patron du Secret Service, Sean Curran, surveillait l’arrivée des invités vendredi. Il avait assuré mercredi que le service était prêt pour l’événement et avait récusé les critiques reçues depuis l’incident d’avril. « Le dispositif a fonctionné, le système a fonctionné », avait-il déclaré aux journalistes, faisant valoir qu’un cordon avait empêché l’assaillant présumé d’atteindre la grande salle où se tenait le dîner. Cependant, a-t-il prévenu, « le niveau et la nature de la menace » contre les plus hauts responsables américains « sont plus importants que tout ce que j’ai jamais vu ».