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Colombie : le président Espriella s’engage à lutter « sans répit » contre le narcotrafic

Abelardo de la Espriella a été officiellement investi en tant que président de la Colombie lors d’une cérémonie marquée par des enjeux de sécurité cruciaux. Cet avocat millionnaire, âgé de 48 ans et sans expérience politique préalable, a promis de mener une lutte acharnée contre le narcotrafic, un fléau qui gangrène le pays. Successeur de Gustavo Petro, il a pris ses fonctions à Cali, une ville récemment touchée par des violences attribuées à des groupes armés.

Dans son discours inaugural, De la Espriella a exprimé sa détermination à rétablir « l’ordre » et « l’autorité » dans un pays où le narcotrafic est omniprésent. Élu le 21 juin, il a affirmé vouloir combattre « sans répit le narcoterrorisme et toutes les organisations criminelles », tout en déclarant que l’approche de dialogue de son prédécesseur était désormais « complètement épuisée ». Les membres des groupes illégaux se voient ainsi confrontés à un ultimatum : « se soumettre » à la loi ou « affronter la force résolue de l’Etat ».

Le nouveau président a également annoncé son intention d’éradiquer les cultures de coca, en utilisant tous les moyens nécessaires, et de soutenir l’exploitation des ressources pétrolières et gazières par fracturation hydraulique. En matière économique, il prévoit un décret de « gel de la dépense publique » et une réduction des impôts pour les plus riches, tout en s’engageant à mener une « bataille culturelle pour restaurer la valeur de la famille ».

La cérémonie d’investiture a eu lieu dans un contexte sécuritaire renforcé, à Cali, où 11 000 militaires avaient été déployés pour assurer la sécurité des invités. Parmi eux, des chefs d’Etat d’Amérique latine, des représentants de la Maison-Blanche, ainsi que le roi d’Espagne, Felipe VI. L’ancien président Gustavo Petro a choisi de ne pas assister à cet événement, tandis que des manifestations pacifiques ont eu lieu dans plusieurs villes, témoignant de la division politique du pays après une élection remportée avec une marge infime.

Privé de majorité au Parlement, De la Espriella devra naviguer dans un paysage politique complexe. Il a promis d’intensifier les bombardements contre les camps de guérilla, soutenu par les États-Unis et Israël, et de construire des mégaprisons inspirées du modèle salvadorien. Cependant, des experts soulignent que les forces armées colombiennes souffrent d’une « capacité limitée » et d’un « manque d’équipement », ce qui pourrait entraîner des dommages collatéraux inacceptables pour les civils.

Le département d’Etat américain a déjà annoncé une aide d’un milliard de dollars pour soutenir les politiques de sécurité du nouveau président, exprimant son désir de collaborer étroitement pour assurer la sécurité et la prospérité de la Colombie et de la région. Abelardo de la Espriella, surnommé « El Tigre », se retrouve ainsi à la tête d’un pays confronté à des défis majeurs, avec des attentes élevées quant à sa capacité à restaurer la sécurité et à lutter contre le narcotrafic.