France

Michel Dejeneffe, ventriloque et créateur de Tatayet, est décédé à 77 ans.

Le monde du divertissement franco-belge est en deuil suite au décès de Michel Dejeneffe, un ventriloque emblématique, survenu vendredi à l’âge de 77 ans dans la région de Saint-Étienne. Ce dernier avait formé, pendant plus de quarante ans, un duo comique inoubliable avec sa marionnette Tatayet, qui a su séduire un large public des deux côtés de la frontière. L’annonce de sa disparition a été faite par une amie proche, rapportée par Sudinfo.

Originaire de Namur, Michel Dejeneffe est né en 1948. Ancien instituteur, il avait donné vie à Tatayet en 1975, inspiré par un col de fourrure offert par une résidente d’une maison de retraite. Le nom de la marionnette est une déformation affectueuse de « Tante Henriette », en hommage à sa mère.

Dans les années 1980, Tatayet a fait une entrée fracassante sur le petit écran français, notamment grâce à des apparitions mémorables dans l’émission Champs-Élysées animée par Michel Drucker et dans les spectacles de Patrick Sébastien. En Belgique, le Tatayet Show, diffusé sur la RTBF entre 1986 et 1992, a marqué les esprits, devenant un véritable phénomène. La marionnette a également été adaptée en bande dessinée par Raoul Cauvin et a connu le succès avec le single « Tous au cimetière » en 1986.

Jérôme de Warzée, animateur du Grand Cactus sur Tipik, a rendu hommage à Michel Dejeneffe en soulignant son talent unique : « Il appartenait à cette génération d’artistes qui avaient compris que le plus difficile, dans notre métier, n’était pas de faire du bruit, mais de créer de la complicité. Et de la complicité, Michel en avait créé avec des millions de personnes. Tatayet était extraordinaire parce qu’il pouvait être insolent sans être méchant, naïf et terriblement malin dans la même phrase. Il pouvait dire des énormités avec cette innocence qui faisait qu’on lui pardonnait tout. Tatayet était tellement vivant que, lors des interviews radio, les techniciens plaçaient systématiquement le micro devant lui plutôt que devant Michel. »

Michel Dejeneffe avait pris sa retraite de la scène en 2017 pour se consacrer à la formation de jeunes ventriloques. De nombreuses figures de l’audiovisuel belge lui ont rendu hommage, et l’INA l’a qualifié de précurseur de Jeff Panacloc, soulignant ainsi son influence durable dans le domaine de la ventriloquie.