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Birmanie : 14 morts à la suite d’une frappe aérienne sur un monastère

Quatorze personnes ont perdu la vie vendredi lors d’une attaque aérienne menée par l’armée birmane sur un monastère où se tenait une retraite de méditation, selon des témoins ayant visité les lieux après les événements tragiques.

L’incident a eu lieu vers 9 heures locales (2h30 GMT) près de Myaung, une localité du centre de la Birmanie, en proie à un conflit civil. Parmi les victimes, on dénombre onze hommes et trois femmes, comme l’a rapporté Nway Oo Myaung, un combattant engagé pour la démocratie qui a participé à l’évacuation des blessés. Il a précisé que des personnes âgées, âgées de 50 à 70 ans, étaient présentes dans le monastère pour une retraite de trois mois, conformément à la tradition bouddhique. « Ce n’était pas une erreur de cible, ils ont intentionnellement attaqué un monastère », a-t-il affirmé.

Un autre combattant, qui a souhaité garder l’anonymat pour des raisons de sécurité, a corroboré le bilan des victimes le lendemain. Il a indiqué que cinq des décédés étaient originaires de son village, tandis que les autres venaient de localités voisines. Il a également rapporté qu’un second bombardement avait eu lieu alors que les secours étaient en cours. Les tentatives de contacter l’armée birmane pour obtenir des commentaires n’ont pas abouti.

Depuis le début de la guerre civile en Birmanie, déclenchée par le coup d’État militaire de 2021 qui a renversé le gouvernement d’Aung San Suu Kyi, plus de 100 000 personnes ont perdu la vie, tous camps confondus.

L’armée birmane intensifie ses frappes contre les civils, comme l’indiquent des enquêteurs de l’ONU dans un rapport publié la semaine dernière. Ils ont souligné que « la fréquence et l’intensité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par l’armée birmane et divers groupes armés n’ont cessé de s’aggraver ». En réponse, le gouvernement birman a rejeté ces accusations, les qualifiant d’« allégations unilatérales » fondées sur des « informations invérifiables et inexactes ».

Min Aung Hlaing, ancien chef de la junte, a été investi président en avril lors d’un scrutin restreint, critiqué à l’international comme une tentative de légitimer le pouvoir militaire sous une apparence civile. Depuis cette prise de fonction, il s’efforce de rétablir les relations diplomatiques de son pays, largement isolé après le coup d’État. Ces derniers mois, il a été reçu par l’Inde, la Chine, le Laos et la Thaïlande, ce qui a suscité des critiques de la part des défenseurs des droits humains.

Cette semaine, Min Aung Hlaing a également effectué des visites en Russie et en Biélorussie, deux pays qui continuent de soutenir la Birmanie malgré la situation actuelle.