
Attentats du 13-Novembre : la justice belge entendra les victimes avant une possible libération de Bakkali
La justice belge a reporté l’examen de la demande de libération conditionnelle de Mohamed Bakkali, condamné pour son rôle dans les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Ce délai doit permettre aux victimes qui le souhaitent d’être entendues, alors que cette perspective suscite de fortes réactions en France.
Un report pour entendre les victimes
L’audience prévue le 29 septembre 2026 devant le tribunal de l’application des peines de Bruxelles n’aura finalement pas lieu à cette date. Le tribunal a indiqué vouloir organiser l’audition des victimes avant de reprendre l’examen du dossier, certaines de ces auditions devant se tenir à huis clos et, pour certaines, en visioconférence.
Selon la juridiction, une nouvelle date sera communiquée plus tard, une fois réglés les aspects matériels et pratiques liés à ces témoignages. Le tribunal a aussi dit regretter que les victimes aient été informées tardivement de leurs droits, tout en affirmant qu’une information en ce sens avait déjà été proposée en 2024.
Le parcours judiciaire de Mohamed Bakkali
Âgé de 39 ans, Mohamed Bakkali est présenté comme le logisticien des attentats qui ont fait 130 morts. Il a été condamné à Paris en 2022 à 30 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté correspondant aux deux tiers de la peine.
Incarcéré depuis fin novembre 2015, il purge sa peine en Belgique. La législation belge lui permet de demander une libération conditionnelle après moins de onze ans de détention, ce qui explique que sa situation puisse être examinée alors même que sa condamnation française est lourde.
Réactions en France et cadre belge
La possibilité d’une libération a provoqué l’incompréhension de plusieurs victimes françaises. L’ancien président de l’association Life for Paris a parlé d’un sentiment de trahison, tandis que le ministre français Gérald Darmanin a estimé qu’une telle issue serait vécue comme un affront à la douleur des victimes.
De son côté, la ministre belge Annelies Verlinden a rappelé que le tribunal statuerait en toute autonomie. Une réunion d’information s’est tenue à Paris le 16 septembre avec des représentants de la justice belge et le parquet antiterroriste français, signe que le dossier est suivi des deux côtés de la frontière.
Ce qu’il faut retenir
- Le tribunal de Bruxelles a reporté l’examen de la demande de libération conditionnelle de Mohamed Bakkali pour permettre l’audition des victimes.
- Bakkali, condamné à Paris en 2022 à 30 ans de prison, purge sa peine en Belgique depuis fin novembre 2015.
- La perspective d’une libération conditionnelle suscite de vives réactions en France, tandis que la justice belge affirme décider de manière autonome.
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