Algérie : le FMI prévoit des réserves de change de 19,8 milliards de dollars d’ici 2031
Le FMI anticipe une baisse marquée des réserves de change de l’Algérie sur l’horizon 2025-2031, avec un passage de 68,9 milliards de dollars en 2024 à 19,8 milliards en 2031. Cette trajectoire compte, car elle réduit la capacité du pays à financer ses importations et à absorber les chocs extérieurs.
Une trajectoire de réserves en net recul
Dans ses conclusions de consultation annuelle publiées le 21 septembre, le Fonds monétaire international présente un scénario de baisse continue des réserves officielles brutes. L’institution indique qu’elles seraient de 51 milliards de dollars fin 2025, puis de 46,5 milliards en 2026, 41 milliards en 2027, 33,4 milliards en 2028, 27,8 milliards en 2029 et 19,8 milliards en 2031.
Le FMI précise aussi la couverture en importations associée à ces montants. Elle passerait de 8,6 mois en 2025 à 8,1 mois en 2026, 5,8 mois en 2028 et 3,3 mois en 2031. L’institution présente ces chiffres comme des projections à politiques inchangées, donc comme un scénario susceptible d’être révisé lors de prochaines publications.
Le poids du déficit extérieur et des hydrocarbures
Le Fonds relie cette érosion à la dégradation des comptes extérieurs. En 2025, le déficit des transactions courantes serait monté à 8,9 % du PIB, contre 1,1 % en 2024. Dans le même temps, les importations auraient progressé de 16,8 % à 21,9 % du PIB, tandis que les exportations seraient descendues de 18,1 % à 15,8 %.
Le FMI note aussi que le prix moyen du baril exporté par l’Algérie serait tombé à 69,4 dollars en 2025. Il estime toutefois que la hausse des cours en 2026 améliorerait temporairement la situation, avec un baril exporté à 92,6 dollars et un déficit courant ramené à 1,9 % du PIB. Malgré cela, les réserves continueraient de diminuer.
Des finances publiques sous tension
Au-delà du commerce extérieur, le FMI met en avant les déséquilibres budgétaires. Le déficit budgétaire global serait de 10,5 % du PIB en 2025, puis de 9,6 % en 2026 et encore de 8,7 % en 2031. Le Fonds attribue le recul observé en 2025 à des versements exceptionnels de dividendes des entreprises publiques et de la Banque d’Algérie.
L’institution souligne aussi que l’État recourt davantage au financement direct par la Banque d’Algérie, qui passerait de 3,7 % du PIB en 2025 à 5,5 % en 2026. Dans le même temps, la dette publique progresserait de 52,1 % du PIB en 2025 à 60,4 % en 2027. Le FMI recommande une consolidation budgétaire progressive, une politique monétaire plus ferme si l’inflation s’étend, et davantage de flexibilité du taux de change.
Ce qu’il faut retenir
- Le FMI projette des réserves de change algériennes à 19,8 milliards de dollars en 2031, contre 68,9 milliards en 2024.
- L’institution attribue cette baisse aux déficits extérieur et budgétaire, dans un contexte de hausse des importations et de recul des exportations d’hydrocarbures.
- Le FMI recommande de limiter le financement monétaire, de consolider les finances publiques et de rendre le taux de change plus flexible.
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