International

Allemagne : Le BSW, petit parti d’extrême gauche crucial pour l’AfD en Saxe-Anhalt ?

Le paysage politique en Saxe-Anhalt pourrait connaître un tournant décisif à l’approche des élections régionales. Le petit parti d’extrême gauche BSW, qui a récemment franchi la barre des 5 % des voix, s’interroge sur sa possible collaboration avec l’AfD, qui a remporté une large victoire dans cette région de l’est de l’Allemagne. Toutefois, l’Alternative pour l’Allemagne, avec ses 39 sièges sur 83, reste à trois sièges de la majorité absolue, ce qui la pousse à envisager des alliances pour gouverner. Ulrich Siegmund, le leader régional de l’AfD, a exprimé sa volonté de « tendre la main » à ceux qui souhaitent « résoudre avec nous les problèmes fondamentaux de ce Land ».

Le BSW a réussi à envoyer quatre de ses représentants au parlement régional, et sa cheffe de file, Sahra Wagenknecht, a déclaré qu’elle pourrait « tout à fait réaliser avec l’AfD » plusieurs projets. Cette perspective d’alliance est difficile à envisager dans d’autres pays, comme la France, où une coalition entre des partis d’extrême droite et des formations de gauche, telles que LFI ou le NPA, semble inconcevable. Néanmoins, le BSW se distingue sur l’échiquier politique allemand par sa position singulière.

L’historienne Hélène Miard-Delacroix, dans l’hebdomadaire Le Point, décrit le BSW comme un parti qui se positionne à gauche sur les questions socio-économiques, tout en adoptant des positions conservatrices, voire très à droite, sur les enjeux culturels et sociaux. Ce parti est né d’une scission avec Die Linke en 2024, ce dernier étant un allié de LFI au parlement européen.

Le BSW est également perçu comme prorusse, notamment en raison de sa position pragmatique sur la Russie. Face à l’augmentation des prix de l’énergie, Wagenknecht considère qu’il est légitime de s’approvisionner auprès des Russes. En outre, le parti prône une réduction de l’immigration.

Cependant, une alliance avec l’AfD pourrait fragiliser le BSW et entraîner des divisions au sein de la gauche. Par ailleurs, l’AfD semble davantage se tourner vers un rapprochement avec les éléments les plus à droite du CDU, qui sont réticents à s’associer avec la gauche radicale pour former un gouvernement.