Voiture électrique : le marché européen est-il vraiment « le plus difficile » ?
Emanuele Cappellano, patron de Stellantis Europe, a déclaré que l’Union européenne est devenue le marché « le plus difficile » pour les constructeurs, soulignant des marges en amenuisant avec l’électrification et une réglementation « pas encore définie ». Stellantis a perdu du terrain en Europe, sa part de marché étant tombée à 16 % en 2025, contre 17,1 % un an plus tôt, et a clôturé l’exercice sur une perte historique de 22,3 milliards d’euros.
Emanuele Cappellano, le dirigeant de Stellantis Europe, a affirmé mardi soir devant des journalistes que l’Union européenne est désormais le marché « le plus difficile » pour les constructeurs automobiles, selon une déclaration rapportée par l’AFP.
Il a souligné que les marges diminuent en raison de l’électrification et que la réglementation européenne est « pas encore définie », ce qui entraîne « un manque de visibilité qui tue tous les acteurs du secteur ».
La situation est préoccupante : Stellantis a vu sa part de marché en Europe diminuer à 16 % en 2025, contre 17,1 % l’année précédente, et a terminé l’exercice 2025 avec une perte historique de 22,3 milliards d’euros. Le groupe a révélé la semaine dernière son intention de lancer un modèle électrique en Europe à moins de 15 000 euros, qualifié par Cappellano de « le moins cher de ce que nous pouvons faire ».
Parmi les 60 lancements prévus d’ici 2030, 25 seront destinés à l’Europe, accompagnés de 25 restylages, ce qui représente près de 50 nouveautés ou mises à jour pour le Vieux Continent. Emmanuel Macron a également annoncé un investissement d’un milliard d’euros pour la production d’un véhicule électrique à Mulhouse.
En contraste avec Stellantis, les concurrents comme Renault et Volkswagen ne se laissent pas abattre. Renault, qui a pris de l’avance dans le secteur de l’électrique, vise une réduction des coûts de 40 % en s’inspirant des méthodes chinoises et de la chimie LFP. Son modèle électrique R5 est proposé à un prix débutant sous les 25 000 euros, tandis que la nouvelle Twingo vise les 20 000 euros, affirmant que plusieurs de ses modèles sont proches des prix des véhicules thermiques.
Volkswagen, qui avait un temps été critiqué pour ses logiciels, reformule toute sa stratégie afin d’aligner le prix de ses véhicules électriques sur celui des modèles thermiques.
Stellantis, quant à lui, projette un prix de 15 000 euros pour ses futurs modèles, y compris un retour de la célèbre 2CV, sans donner de calendrier précis, tout en relançant le diesel et certains moteurs à essence puissants. Dans ce contexte, il est difficile de n’attribuer qu’à la réglementation européenne un retard que la concurrence ne semble pas subir de la même manière.
Il convient également de mentionner Tesla, qui affiche des marges supérieures à la moyenne du secteur avec ses modèles européens, ainsi que des constructeurs chinois qui entrent sur le marché avec des tarifs encore plus compétitifs.
Le coût d’utilisation d’un véhicule électrique, qui est généralement moins élevé sur son cycle de vie que celui d’un véhicule à essence, pèse de plus en plus dans les décisions d’achat. Cappellano a exprimé son pessimisme quant à un retour aux niveaux de ventes d’avant la pandémie, mentionnant les « 3 millions de véhicules » perdus par le marché européen depuis 2019, qui est passé d’environ 18 à 15 millions d’immatriculations. Le marché européen est effectivement difficile, mais il l’est pour tous, et certains concurrents semblent mieux s’en sortir.

