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Tesla déploie le FSD V14 Lite : apports et réticences en Europe.

Tesla a commencé, ce lundi, à déployer le FSD V14 Lite auprès des propriétaires équipés de l’Hardware 3, une puce lancée en 2019 sous l’appellation commerciale « FSD Computer », avec environ 4 millions de voitures concernées dans le monde. Le Hardware 3 « ne dispose tout simplement pas des capacités nécessaires » à la conduite non supervisée, selon les mots d’Elon Musk, qui a pointé une bande passante environ 8 fois inférieure à celle du Hardware 4.


4 millions de voitures Tesla reçoivent enfin une mise à jour substantielle de leur logiciel de conduite autonome supervisée. Une avancée significative, mais qui ne règle pas le problème fondamental pour les clients qui, finalement, n’auront jamais ce pour quoi ils ont dépensé plusieurs milliers d’euros. Explications.

Tesla a commencé, ce lundi, à déployer le FSD V14 Lite auprès des propriétaires équipés de l’Hardware 3, une puce lancée en 2019 sous l’appellation commerciale « FSD Computer », avec la promesse que chaque véhicule la portant disposerait du matériel nécessaire à la conduite entièrement autonome. Environ 4 millions de voitures sont concernées à travers le monde.

Mais que signifie concrètement cette mise à jour pour le propriétaire ? Celle-ci intègre le comportement de conduite de la version Hardware 4 du FSD V14 avec des caméras et des calculateurs plus anciens.

Sur la route, cette mise à jour est censée offrir de meilleures réponses aux situations de conduite complexes (déboîtements, carrefours, interactions avec les piétons), moins de freinages intempestifs, un meilleur centrage dans la voie et de nouvelles fonctions de stationnement.

Les limites techniques de la mise à jour

Ce que le FSD V14 Lite ne changera pas, en revanche, c’est la nature du système : il reste supervisé, c’est-à-dire que le conducteur doit garder les mains sur le volant et rester attentif. Tesla l’a confirmé lors de la présentation des résultats du premier trimestre, le 22 avril. Le Hardware 3 « ne dispose tout simplement pas des capacités nécessaires » à la conduite non supervisée, selon les mots d’Elon Musk, qui a pointé une bande passante environ 8 fois inférieure à celle du Hardware 4.

Ce constat aurait pu être formulé bien plus tôt car pendant ce temps, certains propriétaires pourraient se sentir légitimement lésés. Pendant des années, Tesla a vendu son système FSD entre 8 000 et 15 000 dollars aux États-Unis (entre 7 000 et 13 000 euros), en laissant entendre que le matériel embarqué suffirait à atteindre l’autonomie complète. Les propriétaires qui ont réglé cette somme ont logiquement retenu cette promesse.

Entre recours juridiques et promesses revues

C’est ce que l’on pourrait légitimement qualifier de rétropédalage conséquent, désormais confirmé, et la réaction des propriétaires ne s’est pas fait attendre. En Europe, un propriétaire néerlandais a lancé en avril une action collective, estimant avoir payé 6 400 euros pour une fonctionnalité jamais livrée. Aux États-Unis, plusieurs jugements ont déjà été rendus en faveur des plaignants.

Tesla propose deux alternatives pour accéder à la conduite non supervisée : une reprise avec décote vers un véhicule équipé Hardware 4, ou un hypothétique retrofit matériel complet via le remplacement du calculateur, des caméras et du câblage.

Cette dernière option, que la marque souhaite réaliser dans des centres dédiés, ne devrait pas être disponible avant mi-2027 et impliquera vraisemblablement un coût pour les propriétaires qui n’ont pas souscrit à l’option FSD lors de l’achat.

En Europe, l’attente sera encore plus longue : Tesla indique que le FSD V14 Lite ne sera déployé en dehors des États-Unis qu’après validation technique, adaptation régionale et approbation réglementaire dans chaque marché.