
PlayStation abandonne le physique, Nintendo ne lâchera pas ses joueurs.
Sony a annoncé officiellement la fin du support physique pour toutes les nouvelles sorties de jeux PlayStation à compter du mois de janvier 2028. Selon le dernier rapport financier du groupe Nintendo en mars 2026, la vente de jeux physiques correspond à 45,4% du total et conserve donc son attractivité dans l’écosystème Nintendo.
Cette semaine est plutôt austère pour l’industrie du jeu vidéo et des consoles. Sony a officialisé la fin du support physique pour toutes les nouvelles sorties de jeux PlayStation dès janvier 2028. De son côté, Xbox, qui envisage une nouvelle vague de licenciements, pourrait également suivre cette tendance, bien qu’une fonctionnalité inattendue puisse apporter un espoir aux joueurs.
Alors que Sony et Microsoft s’orientent vers le dématérialisé, quelle est la position de Nintendo ? La Nintendo Switch 2 représente-t-elle un dernier bastion du jeu vidéo physique, ou le géant nippon évolue-t-il vers une stratégie similaire ?
La culture de la cartouche chez Nintendo
La décision de Sony peut être comprise sur le plan économique, lorsqu’on examine l’évolution des ventes de jeux dématérialisés par rapport à leurs homologues physiques. En cinq ans, la part des ventes physiques est passée de 35 à 22 % des ventes totales de jeux de la PS5.
Les joueurs de Nintendo, qu’ils soient collectionneurs, vétérans ou familles, sont traditionnellement très attachés au support physique. D’après le dernier rapport financier du groupe en mars 2026, les ventes de jeux physiques représentent 45,4 % du total, témoignant de leur attrait dans l’univers de Nintendo.

Cependant, le lancement de la Switch 2 a introduit un format de cartouche qui a suscité de nombreuses discussions : les Game Key Cards.
Les Game Key Cards de la discorde
Avec la Nintendo Switch 2, Nintendo a dévoilé au grand public le concept des Game Key Cards. Ces cartouches, présentes dans les emballages de jeux vendus en magasin, ne contiennent aucune donnée, mais servent uniquement à télécharger la version numérique du jeu sur le Nintendo Store.
Ce système est conçu de manière à permettre le prêt ou même la revente de ces nouvelles cartouches. Bien que le marché de l’occasion soit toujours en bonne santé, on peut se demander jusqu’à quand cela perdurera. On ne peut s’empêcher d’y voir une première étape vers le dématérialisé, une tentative d’éduquer un public habitué au support physique, qui devra composer avec le numérique dans un avenir proche.
Surtout, Nintendo semble déjà poser les bases d’une transition, selon ses pratiques commerciales.
Nintendo pousse-t-il vers le dématérialisé ?
Les Game Key Cards représentent une opportunité pour les éditeurs tiers de diminuer leurs coûts de production. D’après FRVR, produire une cartouche de Nintendo Switch coûte bien plus cher à l’unité que pour ses concurrents, entre 10 et 13 euros. Bien que des économies d’échelle soient possibles pour les plus grandes sorties, on reste loin des 4 à 5 euros requis chez PlayStation et Xbox, toujours selon FRVR.
Dans ce contexte, Nintendo a récemment adopté une stratégie commerciale inattendue. Alors que les versions cartouches de ses jeux first-party étaient systématiquement moins chères que celles disponibles sur le Nintendo Store, cette tendance s’est inversée sur les dernières sorties. Les versions cartouches de certains titres, comme Yoshi and the Mysterious Book, ont été lancées à 10 euros de plus que leur version dématérialisée.
Ces indications suggèrent-elles que Nintendo est sur le point de suivre l’exemple de Sony et Microsoft ? Pas nécessairement, au regard des chiffres du constructeur et de sa politique commerciale. La société semble appliquer plusieurs stratégies d’adaptation face à la réalité du marché : la part des ventes de jeux physiques a chuté de 57 % à 45 % en cinq ans, un déclin similaire à celui observé chez PlayStation, mais avec une part bien plus élevée que celle de Sony.
Selon l’analyste Mat Piscatella, qui a répondu aux questions du média VGC, « Nintendo restera Nintendo, pour le meilleur et / ou pour le pire. » Il souligne que dans ce contexte changeant, « Nintendo fait ce que Nintendo veut faire » et qu’il ne pense pas que l’entreprise « modifiera ses plans en fonction de ce que font Sony ou Microsoft ».
Il prévoit cependant qu’il y aura sans doute « davantage de codes dans les boîtes », mais ce déclin sera inévitablement couplé avec « la diminution des dépenses pour les jeux physiques ».
Ce retournement de tendance explique ces quelques ajustements stratégiques, mais n’indique pas réellement un revirement majeur à venir pour Nintendo. En tout cas, pas avant une potentielle Switch 3.
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