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Piratage des impôts : plainte d’une association évoquant « complicité » et « corruption »

L’association AC !! Anti-Corruption a décidé d’agir en portant plainte contre X à la suite d’un piratage majeur touchant la Direction générale des finances publiques (DGFiP) en août 2026. Cette démarche vise à garantir que « toute la lumière soit faite » sur les circonstances entourant cet incident.

La situation est particulièrement préoccupante au sein de la DGFiP, qui a déjà été victime d’une cyberattaque en février 2026, durant laquelle 1,2 million d’IBAN de contribuables ont été exfiltrés. Un nouveau piratage a été confirmé fin juin, touchant près de 700 000 personnes, tant des particuliers que des professionnels. Ces événements ont suscité une réaction rapide du gouvernement, avec la mise en place d’une cellule de crise par le Premier ministre Sébastien Lecornu, dans un contexte où la France fait face à une recrudescence des cyberattaques.

Face à cette situation alarmante, plusieurs centaines de victimes ont décidé de porter plainte contre l’État dans le cadre d’une action collective. Parallèlement, l’association AC !! Anti-Corruption a également engagé une procédure judiciaire contre X, déposant sa plainte directement auprès du parquet national financier (PNF).

Fondée en 2021, AC !! Anti-Corruption se consacre à la lutte contre la corruption, à la défense de l’intérêt général, à la protection de l’environnement et au soutien des lanceurs d’alerte. Dans sa plainte, l’association précise qu’elle ne cherche pas à incriminer l’administration fiscale, mais à déterminer s’il existe des actes de corruption impliquant les auteurs des cyberattaques.

À ce stade, aucune preuve ne suggère qu’un agent de la DGFiP ait collaboré avec les hackers, un groupe identifié comme ZeroBytes. Le gouvernement a évoqué des usurpations d’identifiants, sans indiquer que des accès aient été volontairement fournis aux cybercriminels.

AC !! Anti-Corruption formule également des demandes supplémentaires, notamment une enquête sur l’utilisation des budgets alloués à la maintenance et à la sécurisation des systèmes d’information de la DGFiP. L’association appelle également à un report de la généralisation de la facturation électronique en France.

À partir du 1er septembre 2026, les entreprises françaises devront utiliser une plateforme numérique agréée pour émettre et recevoir des factures, une obligation qui s’appliquera d’abord aux 12 000 plus grandes entreprises. Les autres, y compris les auto-entrepreneurs, devront être en mesure de recevoir des factures, tandis que l’envoi deviendra obligatoire pour tous d’ici le 1er septembre 2027.

Pour AC !! Anti-Corruption, ces récents piratages démontrent que la France n’est pas prête à mettre en œuvre un tel dispositif. Bien que l’administration fiscale ne gère pas directement les échanges de factures, elle détient des données sensibles et est responsable de la sécurité des services accrédités. L’association exige que la réforme soit suspendue jusqu’à ce que des garanties de cybersécurité soient mises en place.

Elle cite l’exemple de l’Italie, où la facturation électronique est obligatoire depuis 2019. Malgré l’absence de piratage majeur de son système centralisé, le pays a connu des incidents de phishing et de fraudes liées à des fausses entreprises et factures.

Cependant, Bercy n’envisage pas de reporter la réforme. La cyberattaque de la DGFiP a entraîné des mesures supplémentaires, telles que des tests d’intrusion prévus à l’automne 2026. David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, a affirmé que son administration ne suspendrait pas les opérations d’une plateforme si son niveau de cybersécurité était jugé insuffisant.