High-tech

L’Europe peut développer des vols habités à un « coût raisonnable », selon le directeur de l’Agence spatiale.

La dépendance croissante de l’Europe vis-à-vis des États-Unis dans le domaine spatial soulève des interrogations cruciales. Josef Aschbacher, le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), a affirmé que l’Europe a la capacité de développer des missions habitées à un coût « très raisonnable ».

Historiquement, l’Europe a compté sur les États-Unis pour l’accès spatial de ses astronautes et pour ses ambitions d’exploration lunaire, notamment à travers le programme Artemis, qui vise à ramener des astronautes sur la Lune. Dans ce cadre, l’Europe devait contribuer à la construction de Gateway, une station spatiale prévue pour orbiter autour de la Lune. Cependant, en 2026, les États-Unis ont révisé leur programme lunaire, abandonnant la version initiale de Gateway au profit d’une approche axée sur une présence directe sur la Lune.

Aschbacher a exprimé ses préoccupations concernant le « fossé énorme » qui existe entre les budgets spatiaux de l’Europe et des États-Unis, ainsi que le retard pris dans le développement de lanceurs réutilisables. Il a appelé les responsables politiques à faire preuve de « plus d’audace ». Selon lui, une augmentation modeste du budget de l’ESA, estimée à environ 10 % de son budget actuel, pourrait permettre d’ajouter des capacités de vols habités et d’intensifier les activités robotiques. À la fin de 2025, l’ESA a sécurisé 22,1 milliards d’euros de ses États membres pour financer ses programmes sur trois ans, un montant supérieur de 5 milliards à celui de 2022, mais qui reste cinq fois inférieur à celui des États-Unis. Il a souligné la nécessité d’une solution intégrée comprenant une fusée, une capsule, un véhicule de récupération d’équipage et des opérations complètes, qualifiant cela de priorité essentielle à aborder.

Pour discuter de l’avenir de l’exploration spatiale européenne, une conférence ministérielle se tiendra en décembre à Rome. Aschbacher a souligné que les autres nations capables de mener des vols habités sont la Chine et la Russie, ce qui ne constitue pas une option viable pour l’Europe. L’Inde envisage également des missions habitées, mais l’Europe n’a pas encore développé cette capacité.

En 2025, l’Union européenne a lancé 46 missions spatiales et prévoit d’en réaliser 65 cette année. Pendant ce temps, l’ancien président Trump a fixé un objectif ambitieux de 1 000 lancements par an d’ici 2030. De plus, SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, a annoncé un investissement de 100 milliards de dollars pour construire un port spatial en Louisiane. En août, la société chinoise LandSpace a réussi à récupérer le premier étage de son lanceur lourd Zhuque-3, comparable au Falcon 9 de SpaceX, alors que l’Europe n’a pas encore effectué de tests sur des fusées réutilisables.