
La France accepte le FSD de Tesla malgré le refus de juillet avec deux voitures d’Elon Musk.
Philippe Tabarot, ministre français des Transports, a récemment partagé les détails d’une visioconférence avec Elon Musk, le PDG de Tesla. Cet échange a lieu alors que la France, après avoir jugé le système de conduite autonome FSD (Full Self-Driving) de Tesla comme insuffisamment sûr, commence des essais sur route. Cette initiative arrive à un mois d’un vote crucial au niveau européen qui pourrait changer la donne pour l’homologation de ce système.
Depuis juin, plusieurs pays européens, dont la Belgique, le Danemark et les Pays-Bas, ont déjà autorisé le FSD, tandis que la France reste en retrait, observant des vidéos de Tesla en action dans d’autres pays. Mercredi soir, un tweet du ministre a suscité de nouvelles attentes.
Tabarot a qualifié son échange avec Musk de « constructif », illustré par une photo où le dirigeant de Tesla apparaît en t-shirt « We, Robot » devant les drapeaux du ministère. Il a indiqué que les autorités françaises collaborent depuis plusieurs mois avec Tesla pour apporter des « adaptations techniques » nécessaires à l’homologation européenne du FSD. Dans ce cadre, deux véhicules seront fournis pour les essais, marquant ainsi une avancée significative selon le ministre.
À noter que le FSD Supervisé, qui est un système de niveau 2, nécessite que le conducteur reste responsable. Il est proposé sous forme d’abonnement à 99 € par mois en Europe et est déjà activé dans plusieurs pays, mais pas en France, où environ 260 000 Tesla pourraient y accéder.
Le 22 juillet dernier, Tabarot avait exprimé des réserves concernant la sécurité du FSD, déclarant que les garanties étaient insuffisantes pour une autorisation. Deux des principales préoccupations étaient que le système pouvait dépasser les limitations de vitesse pour s’adapter au trafic et qu’il ne garantissait pas une attention suffisante du conducteur dans des situations complexes comme en ville. À ce jour, rien n’indique que ces problèmes aient été résolus.
Le calendrier a cependant évolué. Tesla a soumis le 1er septembre un dossier à Bruxelles, comprenant huit études qui répondent presque directement aux objections françaises, notamment sur la vitesse et la fatigue du conducteur.
Les essais en France se dérouleront sans précisions sur la durée ou les conducteurs des véhicules. Les données fournies par Tesla, bien qu’elles soient traitées et publiées par l’entreprise, n’ont pas été vérifiées par un audit indépendant.
Le moment clé se profile avec la réunion du Comité technique pour les véhicules à moteur (TCMV) prévue le 6 octobre. Pour qu’une reconnaissance soit accordée à l’échelle de l’Union européenne, il faut une majorité qualifiée de 15 États sur 27, représentant 65 % de la population. La France, représentant environ 15 % de cette population, a un poids significatif dans cette décision.
Si le vote est favorable et que la France suit, le FSD pourrait être activé dans les semaines suivantes, bien qu’aucune garantie ne soit assurée. En cas d’échec du vote, la France pourrait toujours choisir de reconnaître l’homologation néerlandaise, comme l’ont fait d’autres pays, mais jusqu’à présent, elle ne l’a pas fait. Le tweet du ministre ne laisse pas entendre qu’une telle décision sera prise prochainement, se contentant d’évoquer un soutien à l’homologation européenne.
Ce message semble davantage un signal politique qu’une promesse concrète. La France, en évitant d’être le seul grand pays de l’Union à bloquer un système déjà en usage par ses voisins sur des millions de kilomètres, se prépare à explorer toutes les options d’ici le 6 octobre.
