
Italie : Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères, moqué en jupe sur les réseaux sociaux
En Italie, une remarque d’Antonio Tajani sur la tenue vestimentaire des femmes a déclenché une vague de détournements en ligne. Le ministre des Affaires étrangères s’est retrouvé au centre d’une polémique qui a dépassé les réseaux sociaux pour gagner le Sénat, révélant la sensibilité du débat sur les stéréotypes de genre.
Une phrase sur la « fiabilité » des femmes qui déclenche la controverse
Le point de départ remonte au 18 septembre, lors d’un rassemblement politique à Formello, près de Rome. Antonio Tajani cherchait à défendre la stabilité de son camp, mais il a choisi une comparaison entre deux femmes : l’une jugée très séduisante mais potentiellement infidèle, l’autre décrite comme moins attirante mais plus fiable. Il a ajouté qu’il conseillerait à son fils de choisir la seconde, présentée aussi comme une « bonne mère de famille ».
Dans le même passage, il a évoqué la longueur des jupes comme un signe de sérieux. C’est cette association entre apparence vestimentaire et respectabilité qui a servi de point d’appui aux réactions en ligne.
Des montages viraux et une riposte féminine
Les internautes ont rapidement retourné l’argument contre le ministre. Des montages, dont plusieurs réalisés avec l’intelligence artificielle, l’ont montré en minijupe, en jupe plissée ou habillé comme une grand-mère. Ces images ont circulé massivement sur les réseaux sociaux, et Matteo Renzi en a relayé deux sur ses propres comptes.
La réponse ne s’est pas limitée à des détournements visant Tajani. Selon La Repubblica, des centaines de femmes ont publié leurs propres photos en jupe courte ou jambes découvertes pour contester l’idée qu’une tenue puisse mesurer la dignité ou la fiabilité d’une personne. L’ancienne maire de Turin, Chiara Appendino, a aussi participé à cette réaction en posant en minijupe et en interpellant ironiquement le ministre sur sa prétendue logique.
Le débat gagne le Parlement italien
La polémique a pris une dimension institutionnelle le 22 septembre, lorsque des sénatrices issues de plusieurs groupes d’opposition sont venues au Sénat en jupe ou en minijupe. Raffaella Paita, d’Italia Viva, a présenté ce geste comme une affirmation de liberté, destinée à rappeler que les femmes ne devraient pas être jugées sur la longueur de leurs vêtements.
Face à l’ampleur des critiques, Antonio Tajani a fini par présenter des excuses depuis New York. Il a affirmé n’avoir jamais voulu offenser les femmes et a expliqué que certaines de ses paroles avaient été mal comprises ou sorties de leur contexte. La source ne précise pas si ces excuses ont suffi à calmer la controverse, mais elle montre que l’affaire a déjà pris une ampleur politique et symbolique importante.
Ce qu’il faut retenir
- La polémique part d’une intervention d’Antonio Tajani le 18 septembre à Formello, où il associe la longueur des jupes à l’idée de sérieux.
- Des montages viraux, souvent réalisés avec l’intelligence artificielle, le montrent en jupe ou en tenue féminine, et Matteo Renzi en relaie certains.
- Le 22 septembre, des sénatrices italiennes portent elles aussi des jupes au Sénat pour dénoncer un jugement porté sur l’apparence des femmes.
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