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« Il récolte 120.000 € pour la lutte contre le cancer en traversant l’Europe à vélo pour sa sœur »

Le 1er avril 2026, Edouard Lesellier, connu sous le pseudonyme de Monodie, a quitté le parvis de Notre-Dame pour un périple de plus de 7.800 km à travers l’Europe. Ce dimanche 1er août, il est revenu à son point de départ, après avoir relevé un défi sportif monumental en tant que streamer sur Twitch. Depuis 2024, il utilise sa plateforme pour organiser des défis ambitieux, dont les bénéfices sont reversés à la Ligue contre le cancer.

Âgé de 34 ans, Monodie a entrepris son plus grand défi à ce jour : traverser neuf pays européens à vélo en l’espace de quatre mois, tout en diffusant son aventure en direct. Ce projet revêt une signification particulière pour lui, car il s’agit d’un « devoir de mémoire » envers sa sœur, décédée d’un cancer du poumon en 2020. Dans une interview accordée à 20 Minutes, il a partagé les hauts et les bas de cette expérience unique.

Après 123 jours passés sur la selle, Monodie exprime un mélange de soulagement et de nostalgie. « Je ne vais pas mentir, j’en avais marre. Il y a des moments où l’on se sent vraiment loin de chez soi », confie-t-il. En arrivant à Notre-Dame, il a eu la surprise de retrouver de nombreux amis venus le soutenir. « Je ne m’y attendais pas, j’ai cru que je rêvais », ajoute-t-il, tout en reconnaissant que dès le lendemain, l’absence de cette aventure lui a manqué.

Initialement, Monodie avait prévu de réaliser ce voyage en solitaire. Cependant, il a rapidement compris qu’il avait trop de matériel à transporter. Sa mère a donc pris le relais à partir de Madrid, après que son père ait récupéré une partie de son équipement. « C’était une chance pour elle et pour moi de vivre ça ensemble », souligne-t-il, évoquant les souvenirs précieux qu’ils ont créés.

Parmi les nombreuses étapes, celle entre Porto et Santa Cruz da Trapa au Portugal a été particulièrement éprouvante. Avec un dénivelé important, cette journée a duré huit heures et a mis à l’épreuve son mental. « Il pleuvait beaucoup et ma chaîne de vélo a cassé. J’étais épuisé et j’ai pensé à tout arrêter », raconte-t-il. La pression de respecter un planning serré, avec des réservations d’hôtels à l’avance, a ajouté à son stress.

Pour surmonter cette situation, Monodie a dû faire preuve de résilience. Un membre de son équipe lui a conseillé de couper le direct pour éviter de s’énerver davantage. Sa mère est alors venue à sa rescousse avec tout le matériel, et le lendemain, il a trouvé une boutique de réparation qui a remis son vélo en état. « C’était l’accumulation de tout ça qui a rendu cette journée si dure », admet-il.

Les rencontres marquantes ont également ponctué son parcours. Une famille en Espagne l’a hébergé et a refusé de le faire payer, touchée par son histoire. « Le mari était en larmes, ayant lui aussi perdu un proche à cause du cancer. C’était sa manière de nous soutenir », se souvient-il, promettant de les recontacter.

Ce défi, qui a permis de récolter 120 000 euros pour la Ligue contre le cancer, est né d’un besoin de Monodie de poursuivre son deuil. « Quand ma sœur est partie, elle voulait continuer à vivre. Elle m’a redonné envie de faire des choses », explique-t-il. Bien que le projet initial ait échoué, il envisage de nouveaux défis à l’avenir pour continuer à soutenir cette cause qui lui tient à cœur.