Belgique

Marie Dominique : « Une éclipse, rendez-vous scientifique exceptionnel pour comprendre le Soleil »

Les éclipses solaires, qu’elles soient totales ou partielles, représentent un événement incontournable pour les passionnés d’astronomie. Ces phénomènes célestes offrent aux scientifiques des occasions uniques d’effectuer des découvertes significatives. Marie Dominique, chercheuse en physique solaire à l’Observatoire royal de Belgique, explique : « Ce sont des éclipses qui ont permis de faire des découvertes scientifiques. C’est notamment lors d’une éclipse que les scientifiques ont pu étudier l’atmosphère du Soleil, son disque et surtout sa couronne. » Elle ajoute qu’en 1868, une éclipse a même conduit à la découverte de l’hélium, le deuxième élément chimique le plus abondant dans l’Univers.

La couronne solaire, cette enveloppe délicate entourant le disque solaire, est difficile à observer en raison de la luminosité intense du Soleil. Cette partie de l’astre est cruciale pour comprendre l’activité solaire, car c’est là que se produisent le vent solaire et les éruptions solaires. Ces phénomènes peuvent avoir des répercussions sur notre planète, notamment en provoquant des aurores boréales et en perturbant certaines technologies, comme les communications et les satellites. Les chercheurs, dont fait partie Marie Dominique, s’efforcent de mieux comprendre et anticiper ces événements, bien que de nombreuses incertitudes demeurent. « On ne sait pas encore maintenant prédire parfaitement le mouvement des particules émises par le Soleil qui peuvent atteindre la Terre », souligne-t-elle.

L’étude du Soleil est essentielle dans le domaine de l’astronomie, car il est le seul astre que l’on peut observer directement. Cette proximité permet d’obtenir des détails impossibles à atteindre avec d’autres étoiles, faisant du Soleil un modèle pour la compréhension des étoiles en général. Les scientifiques utilisent également des dispositifs artificiels pour simuler les conditions d’une éclipse. Un cache peut être placé devant un télescope, mais cette méthode présente des limites, car le cache doit être plus grand que le disque solaire pour éviter la diffusion de lumière. Malgré ces simulations, les éclipses naturelles restent inestimables pour la recherche.

Une nouvelle expérience prévue pour fin 2024 vise à perfectionner cette technique. Deux télescopes seront envoyés dans l’espace, l’un servant de masque pour cacher le Soleil à l’autre, imitant ainsi le rôle de la Lune lors d’une éclipse. Ces télescopes devront maintenir une distance de 150 mètres avec une précision millimétrique, une avancée technologique qui devrait améliorer l’observation de la couronne solaire.

Les éclipses totales, en particulier, sont des événements rares. Pour qu’une éclipse se produise, l’alignement entre la Terre, la Lune et le Soleil doit être parfait. Ce phénomène se produit une à deux fois par an, mais les éclipses totales ne sont visibles que depuis une étroite bande de la surface terrestre, généralement de quelques centaines de kilomètres de large. Ce mercredi, une éclipse partielle sera observable depuis la Belgique, tandis que la prochaine éclipse totale visible depuis le pays ne devrait pas avoir lieu avant 2090. Cette rareté souligne l’importance scientifique de ces moments d’observation, qui permettent d’accumuler des données précieuses pour mieux comprendre notre étoile et les phénomènes qui influencent notre environnement. Ces informations seront analysées à l’Observatoire royal de Belgique ainsi que dans d’autres universités et centres de recherche.