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Google Health : meilleur coach santé par IA sans produit Google

Google a commencé les livraisons de son premier bracelet connecté sans écran, le Google Fitbit Air, cette semaine. L’application Google Health permet aux utilisateurs de partager certaines données entre applications, mais les marques ne sont pas obligées de partager toutes leurs données.

Avec le lancement de son bracelet Fitbit Air, Google présente une application Health entièrement repensée et améliorée grâce à l’intelligence artificielle. L’objectif est de centraliser toutes vos données de santé, y compris celles provenant de montres Garmin ou Samsung. Toutefois, la réalité pratique s’avère beaucoup plus frustrante.
La Garmin Fenix 8
La Garmin Fenix 8 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Cette semaine, Google a commencé à livrer son premier bracelet connecté sans écran, le Google Fitbit Air. Mais ce bracelet s’accompagne également d’une nouvelle application Google Health, révisée par la firme de Mountain View. Cette application est compatible avec le Fitbit Air ou la Pixel Watch 4, mais pas uniquement.

Après avoir terminé mon test complet du Fitbit Air et réalisé la vidéo associée, j’ai continué à interagir quotidiennement avec le coach IA de Google Health. Je l’ai consulté le matin au réveil, le soir avant de me coucher ou après mes séances de course à pied. Il est important de noter que l’application n’a pas besoin d’être utilisée avec un produit Google pour être efficace ; elle nécessite seulement des données.

De nombreuses applications compatibles avec Google Health Connect

Voilà la force de Google Health. C’est en fait la dernière étape d’une initiative entamée par Google avec le lancement de son API Google Health Connect en 2022. Cette API vise à permettre à de nombreuses applications de communiquer entre elles, à l’instar d’Apple Santé qui le fait depuis longtemps. Par exemple, si vous vous pesez sur une balance connectée Withings, les données seront alors envoyées à MyFitnessPal. Enregistrant vos repas sur MyFitnessPal, ceux-ci seront ensuite partagés avec Garmin. Si vous vous entraînez avec une montre Garmin, la séance sera alors intégrée dans Google Health.

Les données de poids d'une balance Withings sont partagées vers Google Health
Les données de poids d’une balance Withings sont partagées vers Google Health // Source : Withings

Depuis presque deux ans, j’utilise une montre Garmin Fenix 8 que je porte en permanence, tant pour mes entraînements de course à pied que durant ma journée de travail ou la nuit. Son autonomie de plus d’une semaine me permet de l’utiliser longtemps avant de devoir la recharger. Ainsi, je consulte régulièrement certaines données telles que ma fréquence cardiaque au repos, ma charge d’entraînement ou la variabilité de ma fréquence cardiaque.

Pour aller plus loin
Comment j’ai utilisé ma montre de sport pour préparer mon entraînement et exploser mon record au semi-marathon

Garmin a ouvert l’an dernier l’accès à ses données via Google Health Connect, ce qui me permet désormais de les retrouver directement dans Google Health. Cela fonctionnerait tout aussi bien avec une montre Coros, une Samsung Galaxy Watch, une Xiaomi ou une Withings.

La Samsung Galaxy Watch 8 Classic, pour illustration
La Samsung Galaxy Watch 8 Classic, pour illustration // Source : Robin Wycke – Frandroid

Pour alimenter Google Health, il est nécessaire de configurer une source de connexion. Cela peut être une montre Pixel Watch, le Fitbit Air, ou encore une application partenaire. Dans le menu des « connexions » de Google Health, vous pouvez découvrir toutes les applications déjà connectées à Google Health Connect, et il est fort probable que votre montre soit compatible.

En tant que testeur de montres connectées chez Frandroid depuis plus de six ans, j’ai eu l’occasion de tester de nombreuses applications associées, et il s’avère que la majorité sont compatibles : Asus HealthConnect, Coros, Garmin Connect, Mi Fitness, OHealth, Polar Flow, Samsung Health, Withings ou Zepp. À cela s’ajoutent des applications de sport ou de santé non liées à une montre, telles que Strava, MyFitnessPal ou Runna. Seules Suunto, Realme Link et Huawei Santé ont choisi de ne pas partager leurs données avec Google Health Connect.

Depuis plus d’une semaine, mon application Google Health continue de se mettre à jour, non pas en utilisant le Google Fitbit Air, mais ma montre connectée Garmin. Chaque matin, je trouve un résumé de ma nuit avec les différentes phases de sommeil, un bilan de mes entraînements ou l’évolution de ma fréquence cardiaque au fil de la journée. Je peux même interroger le coach IA sur comment mieux dormir, m’entraîner plus efficacement ou perdre un peu de poids.

Bien que cela semble idéal, il est important de nuancer.

Des données parfois conservées par les montres tierces

Google Health Connect permet aux applications de partager certaines données, mais rien n’oblige les fabricants à partager toutes leurs informations. Par exemple, chez Garmin, la fréquence cardiaque au repos et le poids sont transmis à Google Health, mais pas la SpO2 ou la VFC. Ces données pourtant mesurées par ma montre ne sont pas incluses.

Il est possible d’utiliser une application intermédiaire, comme Health Sync, pour contourner certaines limitations. Par exemple, cela peut permettre de partager des données comme la température ou la saturation en oxygène mesurées par Garmin Connect avec Google Health. Cependant, les fonctionnalités de Health Sync restent limitées. L’idéal serait de disposer d’une montre qui partage toutes ses données avec Google Health Connect, mais excepté Withings, qui est très ouvert à ce sujet, la plupart des fabricants gardent la majorité de leurs données privées.

Pour un aperçu des données partagées avec Google Health Connect, vous pouvez consulter le tableau suivant :

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Ce comparatif met en évidence de grandes disparités. Tandis qu’un fabricant tel que Withings s’engage pleinement, d’autres comme Samsung Health restreignent l’accès à des données essentielles comme la VFC ou la FC au repos, et Garmin verrouille la plupart de ses métriques de santé avancées (SpO2, température, cycles).

Il est important de souligner que je n’ai mentionné ici que les données dont le partage est autorisé, c’est-à-dire celles mesurées par les applications qui sont relayées vers Google Health.

Dans un article de blog publié le 26 mai 2026, Google a également confirmé vouloir élargir l’accès aux données issues d’applications tierces :

Google Health se connecte à toute application ou appareil s’intégrant à Health Connect ou Apple Health, ainsi qu’à des centaines d’applications via les API Google Health (précédemment API Fitbit). […] Au cours des prochains mois, nous proposerons de nouveaux types de données et des intégrations plus poussées, tout en élargissant les dossiers médicaux à d’autres pays et bien plus encore.

Pour le moment, si Google Health est pertinent, l’expérience apparaît néanmoins plus restreinte avec les données d’applications tierces qu’avec le Fitbit Air.

Pour l’instant, les scores sont uniquement générés par les appareils Google. Bien que ma Garmin Fenix 8 mesure mes phases de sommeil, Google Health ne m’affiche aucun score de sommeil depuis une semaine. Il en va de même pour la « charge cardiaque » ou le score d’aptitude quotidienne, bien que ma montre transmette bien ma fréquence cardiaque à Google Health.

La Garmin Fenix 8
La Garmin Fenix 8 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

De plus, bien que la solution soit prometteuse, elle peut parfois sembler bricolée. Sur les cinq indicateurs que prend en compte Google Health (fréquence respiratoire, SpO2, fréquence cardiaque au repos, variabilité de la fréquence cardiaque et variation de la température cutanée), seule la fréquence cardiaque au repos est actuellement prise en charge nativement par Garmin Connect pour un transfert vers Google Health. Même dans ce cas, elle n’apparaît qu’un jour sur deux, sans explication.

La refonte de l’application Google Health constitue un projet ambitieux, avec une promesse séduisante : une application capable de centraliser toutes vos données de santé pour les analyser, quel que soit l’écosystème utilisé. Cependant, dans la réalité, des efforts restent à fournir avant que cela ne devienne effectif. En attendant, il est nécessaire d’espérer que les fabricants acceptent d’ouvrir leurs données vers une plateforme de santé intelligente et centralisée, comme l’indique Google :

Actuellement, bien que certaines applications se connectent facilement, d’autres ne le font pas. Certains fabricants rendent difficile l’accès à vos propres données et leur contrôle. C’est un problème qui peut être résolu, à la condition que nous collaborions tous ensemble et dans l’intérêt de tous.

C’est un message encourageant, Google est conscient des progrès qu’il reste à accomplir.


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